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Olympe de Gouges… La Déclaration d’une Femme Libre

En ce mois de mars, qui célèbre la Journée internationale des droits des femmes, il me tient à cœur de rendre hommage à une figure emblématique du féminisme : Olympe de Gouges. Avant-gardiste et engagée, elle demeure une source d’inspiration intemporelle, citée encore aujourd’hui pour son combat en faveur de l’égalité. Mais qui était-elle réellement ? D’où venait-elle ? Quel fut son parcours, et quel héritage a-t-elle laissé à l’Histoire ? Plongeons ensemble dans le destin exceptionnel de cette femme d’exception.

Naissance et origines familiales

Olympe de Gouges née Marie Gouze voit le jour le 7 mai 1748 à Montauban1. Elle grandit au sein d’une famille aux origines contrastées, entre artisanat et bourgeoisie. Dès le lendemain, un prêtre la baptise en l’église Saint-Jacques de Montauban, selon les usages de l’époque. Sur son acte de baptême, il la déclare officiellement fille de Pierre Gouze, maître boucher et bourgeois de la ville. Toutefois, l’absence remarquée de ce dernier lors de l’enregistrement intrigue, car il ne signe pas le registre. Sa mère, Anne Olympe Mouisset, est issue d’une lignée plus lettrée. En effet, elle est la fille d’un avocat appartenant à une famille de marchands drapiers. Cette dernière a épousé Pierre Gouze en 1737. Cette union entre deux mondes, celui du commerce et celui des métiers manuels, va marquer l’enfance de Marie et influencer son regard sur la société qui l’entoure.

Acte de baptême de Marie Gouze (Olympe de Gouges) daté du 8 mai 1748 (source : AD du Tarn-et-Garonne / Montauban \ BMS \ 1748-1748 / 6 e 121-42)

Enfance et origines supposées

La famille maternelle de Marie Gouze, les Mouisset, entretient des liens étroits avec les Lefranc de Pompignan. Ces derniers appartiennent à une influente famille de la noblesse de robe2 de Montauban. Son grand-père maternel, Jacques Mouisset, a exercé la fonction de précepteur auprès de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan3. Jean-Jacques sera par la suite un académicien et homme de lettres.

Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, académicien et homme de lettres (source : artiste anonyme exposé à l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse)
Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, académicien et homme de lettres (source : artiste anonyme exposé à l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse)

Sa grand-mère maternelle, Anne Marty, a quant à elle été la nourrice de Jean-Georges Lefranc de Pompignan4. Il est le frère cadet de Jean-Jacques et futur évêque du Puy-en-Velay. Cette proximité entre les deux familles se renforce davantage par un lien symbolique. En effet, Anne Olympe Mouisset, mère de Marie, est baptisée le 11 février 1714. Elle a pour parrain Jean-Jacques Lefranc de Pompignan.

Anne Olympe Mouisset et Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, nés à cinq ans d’écart, grandissent ensemble dans une complicité si manifeste que leurs familles jugent nécessaire de les séparer. Une alliance entre une famille bourgeoise et une famille anoblie étant impensable. On envoie alors Jean-Jacques poursuivre ses études à Paris, tandis qu’on marie Anne Olympe à Pierre Gouze, un maître boucher.

Toutefois, le destin ramène Jean-Jacques Lefranc de Pompignan à Montauban en 1747 lorsqu’on le nomme président de la Cour des Aides5. L’année suivante, Anne Olympe donne naissance à une fille, Marie. Très vite, des rumeurs se répandent dans la ville. Selon le député Jean-Baptiste Poncet-Delpech et plusieurs contemporains, « tout Montauban » murmure que Jean-Jacques Lefranc de Pompignan serait en réalité le père de l’enfant, issu d’une liaison adultérine. Cette hypothèse, jamais officiellement confirmée, confère à Marie Gouze une ascendance plus noble qu’il n’y paraît. Cependant cela jette une ombre de mystère sur ses origines.

Vue de Montauban (source : œuvre d'André Albrespy (1833-1887) )
Vue de Montauban (source : œuvre d’André Albrespy (1833-1887) )

Le mariage forcé d’Olympe de Gouges

En 1765, alors qu’elle n’a que dix-sept ans, Marie Gouze est mariée à Louis-Yves Aubry. Cette union, contre son gré, est arrangée par ses parents. La légende a longtemps prêté à son époux une différence d’âge considérable. On affirmait alors qu’il avait trente ans de plus qu’elle. Cependant, les recherches les plus sérieuses indiquent qu’il était en réalité encore jeune. Issu d’une famille bourgeoise parisienne, Louis-Yves Aubry exerce le métier de cuisinier. Il occupe la fonction d’officier de bouche6 auprès de l’intendant de Montauban. Ce poste lui assure une certaine stabilité sociale.

Acte de mariage de Marie Gouges et Louis-Yves Aubry le 24 octobre 1765 (source : AD de Montauban - BM - 1765-1765 / 6 e 121-3)
Acte de mariage de Marie Gouges et Louis-Yves Aubry le 24 octobre 1765 (source : AD de Montauban – BM – 1765-1765 / 6 e 121-3)

On célèbre le mariage religieux le 24 octobre 1765 en l’église Saint-Jean-Baptiste de Villenouvelle, à Montauban. Cette cérémonie scelle l’union entre la jeune fille et un époux qu’elle n’a pas choisi. Quelques mois plus tard, en août 1766, Marie donne naissance à son unique enfant, un fils prénommé Pierre Aubry. Ce mariage, loin d’être une union heureuse, marque profondément la jeune femme. Par la suite, elle se révoltera toute sa vie contre l’institution du mariage forcé. Elle qualifie ces unions de « tombeau de la confiance et de l’amour ».

Vie maritale et désir d’émancipation

Marie Gouze, qui deviendra plus tard Olympe de Gouges, n’a jamais éprouvé d’amour pour son mari. Bien au contraire, elle avouera par la suite avoir ressenti une profonde aversion pour cet homme. Selon ses propres mots, il « n’était ni riche ni bien né ». Ce mariage imposé fut pour elle une contrainte insupportable, et elle finira par le fuir.

La mort de Louis-Yves Aubry demeure entourée de mystère. Olympe de Gouges affirmera qu’il a péri en 1766, emporté par une crue du Tarn. Par la suite, certains biographes avancent une date plus tardive, situant son décès vers 1770-1771. À cette période, la jeune femme s’éloigne définitivement de Montauban. Elle abandonne le domicile conjugal, emmenant avec elle son fils Pierre, et prend la direction de Paris. Dans ses écrits, elle relate cet épisode avec peu de détails. Elle dira « forcée de fuir un époux qui m’était odieux, je m’enfuis à Paris avec mon fils. »

À son arrivée dans la capitale au début des années 1770, elle trouve refuge auprès de sa sœur aînée. C’est alors qu’elle opère une transformation majeure. Elle abandonne son nom de naissance pour se rebaptiser Olympe de Gouges. Elle se forge ainsi une nouvelle identité, plus en accord avec ses aspirations et son désir d’indépendance. Ce changement de nom marque symboliquement sa renaissance et le début de son émancipation. Elle évolue alors loin des contraintes imposées par son passé.

Portrait d’Olympe de Gouges à son arrivée à Paris (source : Pastel d’Alexander Kucharski – domaine public)

La vie à Paris

L’arrivée de Marie Gouze, devenue Olympe de Gouges, à Paris demeure nimbée de mystère. Les archives ne permettent pas d’établir avec certitude les ressources dont elle dispose à son arrivée dans la capitale. En effet, les premières années qu’elle y passe restent largement inconnues. Selon la correspondance du Baron de Grimm7, son seul véritable patrimoine réside alors dans son « joli visage ». Il souligne ainsi que sa beauté constitue son principal atout dans cette société mondaine où elle évolue.

Dame de qualité à sa toilette, eau-forte, vers 1770 (source : Artiste anonyme - exposé au château de Lunéville)
Dame de qualité à sa toilette – eau-forte8 datant de 1770 (source : Artiste anonyme – exposé au château de Lunéville9)

Jean-Baptiste Poncet-Delpech10, originaire comme elle de Montauban est le témoin de son ascension parisienne. Il la décrit comme une femme entretenue par de puissants personnages. Négociants, grands seigneurs, ministres et même princes gravitent autour d’elle. Elle adopte un mode de vie libre. Elle refuse les contraintes du mariage. Parmi ses relations marquantes figure Jacques Biétrix de Rozières11. Cet homme est un entrepreneur de transports militaires avec lequel elle entretient une liaison durable. Pendant près de dix ans, ce dernier lui assure une certaine aisance financière. Il ira même jusqu’à lui attribuer la somme considérable de 70 000 francs devant notaire.

Olympe de Gouge se fait une place à Paris

Si Olympe de Gouges fréquente les cercles de pouvoir et noue des relations avec des hommes influents, il serait cependant erroné de la réduire au statut de courtisane. Comme le souligne l’historienne Benoîte Groult12, son nom est certes associé à la vie galante dans certaines publications, notamment le « Petit Dictionnaire des Grands Hommes » ou encore les écrits de Restif de La Bretonne, qui l’inclut à tort dans sa « liste des prostituées de Paris ». Toutefois, elle ne fait jamais scandale et sa véritable notoriété s’impose plus tard. Lorsqu’elle s’engage dans le monde intellectuel et philosophique, elle sera enfin reconnue pour son esprit. Son indépendance et son désir d’apprendre heurtent néanmoins une société qui tolère volontiers les courtisanes, mais juge incongrues les ambitions littéraires et politiques d’une femme issue de la bourgeoisie provinciale.

Almanach de paris datant de la révolution (source : site de vente en ligne)

Grâce au soutien financier de Biétrix de Rozières, Olympe de Gouges mène un train de vie confortable. Elle accède alors aux cercles mondains. Dès 1774, l’Almanach de Paris ou Annuaire des Personnes de Condition, recense Olympe. C’est une preuve supplémentaire de son intégration dans le monde des privilégiés. Elle s’établit rue des Fossoyeurs, aujourd’hui rue Servandoni, au numéro 18-22. La jeune érudite s’affirme progressivement comme une femme de lettres et de pensée. Elle est bien décidée à ne pas se laisser enfermer dans le rôle assigné par une société patriarcale.

Almanach de paris datant de la révolution (source : site de vente en ligne)

Son entrée dans le milieu littéraire et intellectuel

Plongée dans l’effervescence intellectuelle de la capitale, Olympe de Gouges fréquente les salons littéraires. Elle souhaite ainsi combler les lacunes d’une éducation qu’elle juge insuffisante. Elle confesse elle-même : «Je n’ai pas l’avantage d’être instruite». Olympe y côtoie des lettrés, des artistes et des hommes politiques, s’imprégnant des idées nouvelles qui animent son époque.

Une soirée dans le salon de Mme Geoffrin - Anicet Charles Gabriel Lemonnier (1743–1824) - 1755 - Musée de Rouen
Une soirée dans le salon de Mme Geoffrin13 (source : Anicet Charles Gabriel Lemonnier (1743–1824) – 1755 – Musée de Rouen)

Les débuts au théâtre d’Olympe de Gouges

Passionnée de théâtre, elle devient une habituée des salles de spectacle parisiennes. Elle participe en tant qu’actrice à des représentations de théâtre de société. Très vite, elle se lance dans l’écriture dramatique. Elle fait de la scène un moyen d’exprimer ses convictions et de mettre en avant ses idéaux. Elle n’hésite d’ailleurs pas à s’y mettre en scène elle-même. Son attrait pour le théâtre s’explique peut-être par son lien supposé avec le dramaturge Jean-Jacques Lefranc de Pompignan ? Cependant, l’engouement général pour cet art à la fin du XVIIIe siècle y est aussi pour beaucoup.

Le regard en coulisses - (source : salle des Fossés Saint-Germain - Charles-Antoine Coypel - 1726)
Le regard en coulisses – (source : salle des Fossés Saint-Germain – Charles-Antoine Coypel – 1726)

Le théâtre, alors sous le contrôle strict du pouvoir, constitue un puissant vecteur d’idées. Olympe de Gouges décide de fonder sa propre troupe itinérante. Cette compagnie équipée de décors et de costumes, se produit dans Paris et ses environs. Le marquis de la Maisonfort14 raconte dans ses mémoires qu’il rachète le « petit théâtre » d’Olympe de Gouges en 1787. Il conserve, après cette acquisition, une partie de sa troupe, dont son fils Pierre Aubry.

L’engagement abolitionniste d’Olympe de Gouges

Avant d’épouser la cause féministe, Olympe de Gouges s’illustre par ses écrits engagés en faveur des droits des Noirs. Elle y dénonce avec force l’esclavage et les injustices dont ils sont alors victimes. Elle s’inscrit ainsi dans le courant abolitionniste du XVIIIe siècle. Ces idées sont portées par des penseurs des Lumières comme Condorcet15 et l’abbé Raynal16.

Zamore et Mirza d'Olympe de Gouges (source : éditions Magnard collection Classiques et patrimoine)

Son œuvre majeure sur ce sujet est la pièce « L’Esclavage des Nègres », ou « l’Heureux naufrage », initialement intitulée « Zamore et Mirza ». Rédigée dès 1782, cette pièce met en scène le destin tragique d’un couple d’esclaves persécutés et sauvés par un Européen bienveillant. Loin d’être seulement un drame sentimental, cette œuvre dénonce avec virulence la cruauté des négriers. Elle plaide pour l’abolition de l’esclavage. Toutefois, sa représentation en décembre 1789 à la Comédie-Française17 suscite un tumulte. Ces éclats sont vraisemblablement orchestrés par les colons et les partisans du commerce triangulaire18. Face aux critiques, la pièce est rapidement retirée après seulement trois représentations. Cependant, elle sera quand même publiée en 1792, affirmant avec encore plus de force la position abolitionniste19 de son autrice.

Zamore et Mirza d’Olympe de Gouges (source : éditions Magnard collection Classiques et patrimoine)

Des écrits contre l’esclavage

Olympe de Gouges ne s’arrête pas là. En avril 1790, dans ses « Adieux aux Français », elle annonce la rédaction d’une nouvelle pièce, « Le Marché des Noirs », qui s’attaque directement au système esclavagiste et au commerce des êtres humains. Malgré ses efforts, elle ne parvient pas à la faire représenter.

Son engagement pour la cause noire se retrouve également dans plusieurs de ses écrits politiques. Dans « Réflexions sur les hommes nègres » (1790), elle dénonce le paradoxe d’une Révolution française prônant l’égalité tout en maintenant en esclavage des milliers d’êtres humains. Elle interpelle directement l’Assemblée nationale et réclame des droits pour les Noirs, s’opposant ainsi aux intérêts économiques des planteurs et négociants.

Jusqu’à la fin de sa vie, Olympe de Gouges revendique son combat contre l’oppression sous toutes ses formes. Lors de son procès en 1793, elle rappelle que son engagement contre l’esclavage témoigne de son attachement aux idéaux de liberté et d’égalité. À travers ses écrits et ses prises de position courageuses, elle s’impose comme l’une des premières voix féminines abolitionnistes de l’histoire française.

L’engagement pour la cause des femmes

Olympe de Gouges est l’une des premières figures du féminisme en France. Elle évolue dans un siècle qui exclu largement les femmes de la vie politique. On les relègue jusqu’alors à la sphère domestique. La jeune femme se dresse avec audace contre cette injustice et revendique une égalité des femmes avec les hommes. Son combat s’inscrit dans l’élan révolutionnaire, mais va bien au-delà des revendications de son époque, annonçant les luttes féministes des siècles suivants.

Affiche Olympe de Gouges - Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (affiche vendue par l'Assemblée nationale)

Son œuvre la plus emblématique est sans conteste la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », publiée en 1791, en réponse à la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen20 » de 1789. Dans ce texte fondamental, elle affirme avec force que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits ». Elle y réclame pour les femmes l’accès à la citoyenneté, au vote, à l’éducation, ainsi qu’à tous les droits civils et politiques. Elle dénonce aussi le mariage comme un instrument d’asservissement et défend le droit au divorce.

Affiche Olympe de Gouges – Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (affiche éditée et vendue par l’Assemblée nationale)

Militantisme en faveur des femmes en politique

Son engagement féministe ne se limite pas aux principes abstraits ; elle milite activement pour que les femmes participent aux affaires publiques. Dans plusieurs écrits, elle exhorte les révolutionnaires à inclure les citoyennes dans le nouveau régime politique. Elle s’oppose à la vision de Jean-Jacques Rousseau21, qui cantonne la femme à un rôle subordonné, et critique vigoureusement les dirigeants de la Révolution, notamment Robespierre22, pour leur refus de reconnaître les droits des femmes. Ce dernier lui fera payer son opposition quelques années plus tard.

Médaillon représentant Olympe de Gouges en plein travail d'écriture (source : auteur anonyme - domaine public)
Médaillon représentant Olympe de Gouges en plein travail d’écriture (source : auteur anonyme – domaine public)

Olympe de Gouges s’élève également contre les injustices sociales qui frappent les femmes, en particulier les plus vulnérables. Elle plaide pour la reconnaissance des enfants nés hors mariage et la protection des mères célibataires, affirmant que la société doit leur garantir des moyens de subsistance.

Les droits de la femme et de la citoyenne

La « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » d’Olympe de Gouges, rédigée en 1791, est un texte militant visant à revendiquer l’égalité des droits entre les hommes et les femmes. Inspirée de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, elle réclame que les femmes bénéficient des mêmes droits politiques, civiques et sociaux que les hommes.

Voici les points principaux de la déclaration :

  1. Égalité des droits : Olympe de Gouges affirme que les femmes doivent être reconnues comme des citoyennes à part entière, avec le droit de participer à la vie publique et politique, y compris le droit de vote.
  2. Droits civiques : Elle revendique la liberté, la propriété et la sécurité pour les femmes, en insistant sur le fait qu’elles doivent avoir les mêmes droits que les hommes devant la loi.
  3. Le mariage et la famille : Elle prône le droit des femmes à choisir leur mari, à divorcer et à avoir une égale autorité sur les enfants. Elle souligne la nécessité de reconnaître les droits des femmes dans la sphère familiale.
  4. L’égalité devant la loi : Olympe de Gouges insiste sur l’égalité des femmes et des hommes devant la justice et les lois, notamment en matière de fiscalité et de droits de propriété.
  5. Réflexion sur les injustices sociales : Elle critique l’inégalité de traitement entre les sexes et dénonce l’absence de réformes concrètes pour améliorer la condition féminine, malgré la Révolution.

En résumé, la déclaration d’Olympe de Gouges exige l’égalité des femmes dans tous les domaines, en revendiquant une pleine citoyenneté, le droit de participer activement à la politique, et une égalité dans le mariage et la famille. Ce texte préfigure les luttes féministes futures et constitue un appel puissant à la reconnaissance des droits des femmes.

Ce texte est également le symbole le plus parlant de la lutte féministe d’Olympe de Gouge.

Olympe de Gouges (source : artiste anonyme - domaine public)
Olympe de Gouges (source : artiste anonyme – domaine public)

Olympe de Gouges et Marie-Antoinette23

Il n’existe aucune preuve historique que Marie-Antoinette et Olympe de Gouges se soient rencontrées en personne, ni que la reine ait reçu directement la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791). Cependant, Olympe de Gouges a bien adressé son texte à Marie-Antoinette, espérant qu’elle soutienne la cause des femmes.

Dans la préface de son texte, elle s’adresse directement à Marie-Antoinette, l’invitant à défendre la cause des femmes :

« Femme, réveille-toi ; le tocsin24 de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. »

Olympe de Gouges remettant sa « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » à Marie-Antoinette (source : Estampe éditée en 1790 - source anonyme)
Olympe de Gouges remettant sa « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » à Marie-Antoinette (source : Estampe éditée en 1790 – source anonyme)

Elle encourage la reine à prendre la tête du combat pour les droits des femmes, en espérant qu’elle se fasse leur protectrice. Olympe de Gouges voyait en Marie-Antoinette une figure influente qui aurait pu user de son pouvoir pour améliorer le statut des femmes dans la société.

Aucune source ne confirme donc une rencontre directe entre les deux femmes. Toutefois, il est possible que la déclaration ait été envoyée à la cour ou ait circulé parmi les cercles proches de la reine. À cette époque, Marie-Antoinette est déjà largement critiquée et considérée comme une ennemie de la Révolution, ce qui rend peu probable son engagement en faveur d’un texte aussi révolutionnaire.

Marie-Antoinette n’a jamais répondu publiquement à cet appel, probablement parce qu’elle est alors plus préoccupée par sa propre survie et celle de sa famille en pleine Révolution. Elle était déjà vue comme une figure contre-révolutionnaire, et toute prise de position en faveur des droits des femmes aurait pu être utilisée contre elle.

Olympe de Gouges s’oppose à Robespierre

L’opposition entre Olympe de Gouges et Maximilien Robespierre repose sur des divergences idéologiques profondes. Robespierre, figure des Jacobins, prône alors une révolution autoritaire et violente. Il justifie la Terreur pour protéger la République. En revanche, Olympe de Gouges défend de son côté des réformes pacifiques et l’égalité des droits, notamment pour les femmes.  Elle revendique cette égalité avec sa « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » (1791).

Maximilien de Robespierre (source : Artiste inconnue - domaine public)
Maximilien de Robespierre (source : Artiste inconnue – domaine public)

Olympe s’oppose également à la violence de la Terreur menée par Robespierre, croyant que la Révolution doit se faire par des moyens plus modérés et justes. Elle critique la répression de l’opposition et l’absence de réformes réelles en faveur des femmes. Cette opposition idéologique lui coûte cher. En effet, les révolutionnaires viennent l’arrêter en 1793, un an après avoir critiqué les excès du régime de Robespierre.

L’arrestation d’Olympe de Gouges

L’arrestation d’Olympe de Gouges a eu lieu le 20 juillet 1793, au plus fort de la Terreur25. Tout en soutenant les idéaux de la révolution, elle s’oppose à la violence de la Terreur menée par Robespierre et les Jacobins26. Elle s’attire ainsi l’hostilité du régime, notamment du fait qu’elle critique ouvertement la répression des opposants politiques et réclame des réformes plus modérées.

On l’accuse de complot contre la Révolution, de lien avec des royalistes, bien qu’elle n’ait jamais été contre-révolutionnaire. Ses écrits, en particulier ses critiques de la Terreur et son appel à une révolution plus pacifique, lui valent d’être arrêtée par les autorités révolutionnaires. Elle est emprisonnée et, après un procès rapide, condamnée à mort.

Le procès

Le procès d’Olympe de Gouges se déroule dans un contexte de répression sévère. Le tribunal révolutionnaire la juge pour ses écrits, qui sont perçus comme des attaques contre la Révolution et ses idéaux. Le tribunal révolutionnaire, présidé par des juges sous l’influence des Jacobins, se montre particulièrement implacable envers les accusés perçus comme des ennemis de la Révolution.

Une séance du Tribunal révolutionnaire
(source : gravure anonyme datant du XIXe siècle - domaine public)
Une séance du Tribunal révolutionnaire
(source : gravure anonyme datant du XIXe siècle – domaine public)

Au cours de son procès, Olympe de Gouges défend fermement ses idées, affirmant qu’elle n’a jamais eu l’intention de nuire à la Révolution. Selon ses dires, elle souhaitait plutôt l’améliorer. Elle insiste alors sur son engagement pour la liberté et l’égalité des femmes. La femme de lettres se montre convaincue que ses écrits sont mal interprétés. Elle tente de convaincre le tribunal que ses intentions sont pacifiques et qu’elle veut juste que la Révolution soit plus juste, y compris pour les femmes, les pauvres et les opprimés. Cependant, ses discours et ses arguments n’ont guère d’effet sur ses juges, qui sont partisans de la répression totale et de l’élimination de toute opposition.

La détention d’Olympe de Gouges

Sa détention s’avère particulièrement éprouvante. Elle est affaiblie par une blessure au genou infectée, contractée à la prison de l’Abbaye27. Elle réclame des soins médicaux. On la transfère finalement à l’infirmerie de la Petite-Force, située rue Pavée, au cœur du Marais. Là, elle partage sa cellule avec une autre prisonnière, Madame de Kolly28, une condamnée à mort qui tente d’échapper à son sort en prétendant être enceinte.

Les massacres de septembre (1792) à la prison de l’Abbaye – Aquarelle de Jules-Adolphe Chauvet – musée Carnavalet – XIXe siècle.

À l’automne suivant, dans un ultime effort pour améliorer ses conditions de détention, Olympe de Gouges met en gage ses bijoux au mont-de-piété. Grâce à cette transaction, elle parvient à obtenir son transfert vers la maison de santé Mahay29, un établissement plus clément, réservé aux prisonniers fortunés. Ce lieu, où le régime carcéral se fait plus souple, lui offre une relative liberté. Cela lui permet ainsi d’entretenir une liaison avec l’un des détenus.

Mais loin de se résigner, elle continue de clamer son innocence et de dénoncer l’injustice dont elle se dit victime. Animée d’un indéfectible courage, elle rédige deux affiches dans lesquelles elle réclame son procès et défend sa cause. Ces écrits sont «Olympe de Gouges au Tribunal révolutionnaire » et « Une patriote persécutée». Ils sont rédigés clandestinement et imprimés à son insu, circulent largement dans Paris. Leur diffusion ne tarde pas à éveiller la vigilance des inspecteurs de police en civil, qui signalent leur contenu subversif dans leurs rapports.

Ainsi, jusqu’au bout, Olympe de Gouges se bat avec les seules armes dont elle dispose : sa plume et sa détermination inébranlable face à l’injustice.

La condamnation d’Olympe de Gouges

Olympe de Gouges, fervente défenseuse d’une Révolution plus modérée et humaniste, s’oppose à l’exécution de Louis XVI30 et de Marie-Antoinette. Elle estime en effet que la violence et la Terreur trahissent les idéaux de justice et de liberté. Elle plaide pour un jugement équitable. Olympe propose même l’exil du roi plutôt que sa mise à mort. En effet, elle redoute que son exécution ne précipite la France dans un cycle de répression sanglante. Dans ses écrits, notamment dans « Les Trois Urnes, ou le salut de la Patrie », elle suggère une consultation populaire pour décider du sort du monarque. Elle plaide ainsi pour la souveraineté du peuple plutôt que pour une justice expéditive. Ses prises de position en faveur de la clémence lui attirent à nouveau l’hostilité des Jacobins, accélérant ainsi sa condamnation à mort.

Olympe de Gouges, Les Trois Urnes ou le Salut de la Patrie (source : affiches placardées dans Paris - juillet 1793)
Olympe de Gouges, Les Trois Urnes ou le Salut de la Patrie (source : affiches placardées dans Paris – juillet 1793)

L’exécution d’Olympe de Gouges

Le 3 novembre 1793, Olympe de Gouges monte sur l’échafaud. Elle est victime de la Terreur qui frappe impitoyablement les opposants, les modérés et les voix dissidentes. Après un procès expéditif où on l’accuse de s’être opposée à la Révolution et d’avoir défendu les Girondins31. Elle est condamnée à la guillotine.

Olympe de gouges à l'échafaud (source : Illustration de Lavis de Mettais - 1793 - British muséum)

Jusqu’au bout, elle fait preuve d’un courage indomptable. Elle ne cherche ni à fuir ni à supplier. Elle affronte son destin avec la même audace qui a marqué sa vie jusqu’ici.

Le col déjà dégagé, elle affiche même une certaine fierté mêlée de défi. Après qu’on lui ait coupé les cheveux, elle demande un miroir. En se contemplant, Olympe s’exclame avec soulagement : «Grâce à Dieu, je ne suis pas trop pâle». Sortant de la Conciergerie, elle traverse Paris avec une dignité inébranlable. Elle ne rompt le silence que pour murmurer : «fatal désir de la renommée ! » et plus tard, dans un dernier aveu : « j’ai voulu être quelque chose». Alors qu’on la conduit place de la Révolution (aujourd’hui place de la Concorde), elle aurait déclaré avec ironie : « Enfants de la Patrie, vous vengerez ma mort. » Une ultime provocation contre la dictature de Robespierre et son régime de Terreur. Mais seuls les cris de la foule résonnent en réponse : «Vive la République !».

Olympe de Gouges à l’échafaud (source : Illustration de Lavis de Mettais – 1793 – British muséum)

Lorsque la lame tombe, c’est plus qu’une vie qui s’éteint : c’est la voix d’une femme qui avait osé revendiquer l’égalité des sexes, dénoncer l’injustice et rêver d’une Révolution plus juste. Son exécution marque la fin d’un combat, mais son héritage, lui, traversera les siècles. Elle est guillotinée quelques semaines seulement avant Marie-Antoinette.

Ironie du sort, son principal opposant Robespierre, la suivra sur l’échafaud quelques mois plus tard victime à son tour de la terreur.

Et que devient son fils Pierre ?

Pierre Aubry de Gouges fut élevé par sa mère, Olympe de Gouges, qui nourrit pour lui de grandes ambitions. Femme visionnaire et engagée, elle souhaite faire de son fils un homme intègre, doté d’une moralité irréprochable. Cependant, contrairement à sa mère, qui s’illustra dans les lettres et le combat politique, Pierre choisit une voie toute différente : celle des armes.

Général Pierre Aubry De Gouges (source : artiste anonyme - domaine public)

Délaissant la plume pour l’épée, il embrasse une carrière militaire et gravit rapidement les échelons. Il épouse, le 19 septembre 1798, Marie-Hyacinthe Mabille, avec qui il aura quatre enfants : Anne-Hyacinthe-Geneviève, Charlotte, Louis Anacharsis et Jean Hélie Hippolyte.

Son ascension se poursuit sous le Consulat, où on le nomme chef de brigade, puis il est chargé par Bonaparte32 d’un commandement en Guyane Française. Sa bravoure et ses compétences stratégiques lui valent d’être promu général de division et gouverneur de la Guyane Française33, un poste d’importance dans les colonies.

Général Pierre Aubry De Gouges (source : artiste anonyme – domaine public)

Ironie du destin, bien que fils d’une femme qui avait lutté pour la liberté et les droits des opprimés, Pierre Aubry de Gouges prend soin de se dissocier publiquement de sa mère après son exécution sous la Terreur. Craignant pour sa carrière d’officier dans l’Armée révolutionnaire34, il la renie afin de ne pas être associé à une figure controversée. Pourtant, après sa mort tragique, il adopte son nom et se fait appeler Aubry de Gouges, peut-être en un ultime geste de réconciliation posthume.

Le 17 pluviôse an XI (6 février 1803), alors qu’il effectue la traversée du retour de la Guyane vers la France, il est frappé par la malaria35. Il s’éteint à Macouria36, en terre d’exil. Selon la tradition maritime, son corps fut immergé en mer, disparaissant à jamais dans les flots, emportant avec lui les contradictions d’une existence marquée par l’ombre d’une mère dont il avait renié l’héritage, avant de finir par en porter le nom. Il n’avait que 36 ans.

Descendance d’Olympe de Gouges

Parmi les héritières d’Olympe de Gouges, figure sa petite-fille Anne-Hyacinthe-Geneviève. Elle s’est marié avec un certain William Wood, un capitaine anglais. Sa sœur, Charlotte, épouse quant à elle Robert S. Garnett (1789-1840), un Américain fortuné au parcours éminent. En effet, il est membre du Congrès des États-Unis de 1820 à 1827, il est également propriétaire de vastes plantations en Virginie.

Les deux fils de Pierre sont, quant à eux, restés à Paris où ils se sont mariés et ont fondé une famille.

Aujourd’hui encore, les descendants d’Olympe de Gouges, établis aux États-Unis, en Tasmanie et en Australie, perpétuent la mémoire de leur illustre aïeule. Dans leurs demeures, ils conservent précieusement des portraits de famille, témoins silencieux de leur lignée, ainsi que le procès-verbal de l’exécution de celle qui fut une pionnière des droits humains.

Olympe de Gouges… et après ?

Olympe de Gouges a payé de sa vie son engagement en faveur des femmes, mais son combat ne fut pas vain. Son œuvre, longtemps oubliée, est aujourd’hui reconnue comme une étape essentielle dans l’histoire du féminisme. Son cri pour l’égalité résonne encore, rappelant que les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis, mais qu’ils doivent sans cesse être défendus et affirmés.

Elle reste un modèle pour celles qui défendent les opprimées et qui, à travers le monde, luttent contre l’injustice envers les femmes. Elle est le symbole d’une liberté que l’histoire refuse depuis trop longtemps aux femmes.

  1. Montauban est une commune française située dans le département de Tarn-et-Garonne, dont elle est le chef-lieu, en région Occitanie. ↩︎
  2. Dans la France de l’ancien régime, la noblesse de robe rassemble tous les nobles qui occupent des fonctions de gouvernement, principalement dans la justice et les finances. Ces personnes doivent, notamment dans le cas des juristes, avoir fait des études universitaires et donc revêtir la robe ou toge des diplômés de l’université. Ils sont surnommés robins, hommes de robe, et le groupe noble qu’ils forment « noblesse de robe ». Les historiens modernistes et sociologues identifient, à côté de cette noblesse de robe, une bourgeoisie de robe. ↩︎
  3. Jean-Jacques Lefranc, marquis de Pompignan, dit Lefranc de Pompignan, né le 10 août 1709 à Montauban et mort le 1ᵉʳ novembre 1784 à Pompignan, est un poète français. ↩︎
  4. Jean-Georges Lefranc de Pompignan, né le 22 février 1715 à Montauban et mort le 29 décembre 1790 à Paris, dans la paroisse de Saint-Sulpice, est un prélat et apologiste français. ↩︎
  5. Les cours des aides sont en France, sous l’Ancien Régime, des cours souveraines d’appel créées au XIVᵉ siècle pour traiter les contentieux fiscaux, ayant existé, en discontinu, de 1355 à 1791 à Paris et en province. ↩︎
  6. Ce sont des membres de l’aristocratie chargés de servir la nourriture et les boissons lors des banquets organisés par les rois anglais. ↩︎
  7. Friedrich Melchior, baron von Grimm, né à Ratisbonne le 26 septembre 1723 et mort à Gotha le 19 décembre 1807, est un diplomate et homme de lettres bavarois d’expression française. ↩︎
  8. L’eau-forte est un procédé de gravure en taille-douce sur une plaque métallique (métal non ferreux : cuivre, zinc, laiton) à l’aide d’un mordant chimique (un acide). L’artiste utilisant l’eau-forte est appelé aquafortiste. À l’origine, l’eau-forte était le nom donné à l’acide nitrique. ↩︎
  9. Le château de Lunéville est une demeure des ducs de Lorraine depuis le XIIIᵉ siècle, d’abord occasionnelle puis officielle à partir du XVIIIᵉ siècle. ↩︎
  10. Jean-Baptiste Poncet-Delpech, né le 12 septembre 1743 à Montauban et mort dans la même ville le 11 mars 1817 est un homme politique, avocat, magistrat, économiste, homme de lettres, poète, musicien, franc-maçon et peintre français. ↩︎
  11. Riche propriétaire de la Compagnie royale de transports militaires. Il est né en 1739 mais sa date de décès reste inconnue. ↩︎
  12. Benoîte Groult, née le 31 janvier 1920 dans le 8ᵉ arrondissement de Paris et morte le 20 juin 2016 à Hyères, est une journaliste, romancière et militante féministe française. ↩︎
  13. Marie-Thérèse Geoffrin, née Rodet, plus connue sous le nom de Madame Geoffrin, née le 26 juin 1699 à Paris et morte le 6 octobre 1777 dans la même ville, est une salonnière française. C’est aussi une femme de lettres. ↩︎
  14. Antoine François Philippe Dubois-Descours, marquis de La Maisonfort, né le 23 juin 1763 à Bitry et décédé le 2 octobre 1827 à Lyon, est un général et écrivain français. ↩︎
  15. Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, dit Condorcet, né le 17 septembre 1743 à Ribemont et mort le 29 mars 1794 à Bourg de l’Égalité, est un scientifique, mathématicien, philosophe, homme politique et éditeur français. Il est l’une des grandes figures intellectuelles du mouvement des Lumières. ↩︎
  16. Guillaume-Thomas Raynal, né le 12 avril 1713 à Lapanouse et mort le 6 mars 1796 à Chaillot, est un historien, écrivain, penseur et français. Il devient prêtre en 1733 et sera ensuite précepteur dans les grandes familles de la noblesse. ↩︎
  17. La Comédie-Française ou Théâtre-Français (souvent appelé simplement « le Français ») est une institution culturelle française fondée en 1680 et résidant depuis 1799 salle Richelieu au coeur du Palais-Royal dans le 1er arrondissement de Paris. ↩︎
  18. Le commerce triangulaire désigne le commerce maritime reliant l’Europe, l’Afrique et l’Amérique, avec comme objectif la déportation d’esclaves noirs pour approvisionner les colonies en main-d’œuvre. ↩︎
  19. L’abolitionnisme est un courant de pensée qui émerge dans le dernier tiers du XVIIIᵉ siècle dans le monde occidental et vise la suppression de l’esclavage. ↩︎
  20. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 est un texte fondamental de la Révolution française qui énonce un ensemble de droits naturels individuels et communs, ainsi que les conditions de leur mise en œuvre. Ses derniers articles sont adoptés le 26 août 1789. ↩︎
  21. Jean-Jacques Rousseau, né le 28 juin 1712 à Genève et mort le 2 juillet 1778 à Ermenonville, est un écrivain, philosophe et musicien genevois. Orphelin de mère très jeune, sa vie est marquée par l’errance. ↩︎
  22. Maximilien de Robespierre, ou Maximilien Robespierre, est un avocat et homme politique français né le 6 mai 1758 à Arras et mort guillotiné le 10 thermidor an II à Paris, place de la Révolution. ↩︎
  23. Marie-Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine, née le 2 novembre 1755 à Vienne en Autriche et morte guillotinée le 16 octobre 1793 sur la place de la Révolution à Paris, est reine de France et de Navarre de 1774 à 1791, puis reine des Français de 1791 à 1792. Elle est la dernière reine de l’Ancien Régime. ↩︎
  24. Le tocsin est une sonnerie de cloches civile pour alerter la population d’un danger imminent tel qu’un incendie, une invasion, une catastrophe naturelle, un naufrage, mais aussi pour rassembler la population en urgence. ↩︎
  25. La Terreur est le chononyme communément employé pour désigner une période de la Révolution française s’étendant entre 1793 et 1794. Elle est caractérisée par la mise en place d’un gouvernement révolutionnaire centré sur le Comité de salut public et le Comité de sureté générale. Ce gouvernement issu de la Convention nationale et la suspension temporaire de la Constitution de l’an I et donc de la légalité républicaine, se donne pour but de faire face aux multiples troubles que connaît alors la France : révolte fédéraliste, insurrection vendéenne, guerre extérieure menée par les puissances monarchistes d’Europe. La Terreur se caractérise ainsi par un état d’exception destiné à endiguer militairement, politiquement, et économiquement la crise multiple à laquelle le pays est alors confronté. ↩︎
  26. Le jacobinisme est un concept qui renvoie à des principes politiques défendus pendant la Révolution française, tels la liberté et l’égalité, ou encore la souveraineté populaire, puis, plus tardivement, l’unité et l’indivisibilité de la République française. ↩︎
  27. La prison de l’Abbaye est une ancienne prison française située à Paris qui fut en usage de 1522 à 1854. En 1792, la prison de l’Abbaye fut le théâtre de scènes affreuses et sanglantes, connues comme les Massacres de Septembre. Un grand nombre de détenus, parmi lesquels plusieurs ecclésiastiques, y furent massacrés. ↩︎
  28. Magdeleine Françoise Joséphine De Rabec épouse Kolly. Elle était la femme de Pierre-Paul de Kolly Fermier général (cité en 1785), Administrateur de la Caisse de Commerce, Avocat en parlement. Elle est guillotinée le 8 novembre 1793 à Paris. ↩︎
  29. La maison de santé Mahay est un établissement de soins parisien du XVIIIᵉ siècle. ↩︎
  30. Louis XVI, né le 23 août 1754 à Versailles sous le nom de Louis-Auguste de France, est roi de France et de Navarre du 10 mai 1774 au 13 septembre 1791, puis roi des Français jusqu’au 21 septembre 1792. Alors appelé civilement Louis Capet, il meurt guillotiné le 21 janvier 1793 à Paris. ↩︎
  31. Pendant la Révolution, un groupe politique mené par des députés de la Gironde, partisans d’une organisation fédérale de l’État qui venait de naître, prit le nom de Girondins. D’abord alliés à Robespierre, ils s’en séparèrent et leur chute fut précipitée lors d’une insurrection en partie contrôlée par les Montagnards. ↩︎
  32. Napoléon Bonaparte, né le 15 août 1769 à Ajaccio en Corse et mort le 5 mai 1821 à Longwood sur l’île de Sainte-Hélène, est un militaire et homme d’État français. Il est le premier empereur des Français du 18 mai 1804 au 6 avril 1814 et du 20 mars au 22 juin 1815, sous le nom de Napoléon Iᵉʳ. ↩︎
  33. La Guyane française est une région d’outre-mer située sur la côte nord-est de l’Amérique du Sud, couverte en grande partie de forêt tropicale. Les ruines du fort Cépérou, datant du XVIIe siècle, surplombent la capitale, Cayenne, ses maisons créoles colorées et ses marchés de rue. Des boutiques et des cafés entourent la place principale dite « des Palmistes » qui tire son nom des nombreux palmiers qui s’y élèvent. La banlieue de Remire-Montjoly est bordée de plages donnant sur l’océan Atlantique. ↩︎
  34. Les Armées républicaines françaises constituent la puissance militaire de la République française, chargée d’assurer la défense des idéaux républicains et l’ordre public pendant la période de troubles révolutionnaires qui suit la révolution française. ↩︎
  35. La malaria ou paludisme est une maladie provoquée par des parasites du genre Plasmodium. Cette maladie a causé 608 000 décès dans le monde en 2022 selon l’OMS. Depuis plusieurs années, les parasites développent des résistances aux molécules antipaludiques et les moustiques sont de moins en moins sensibles aux insecticides. ↩︎
  36. Macouria est une commune française, située dans le département de la Guyane. ↩︎

Cet article a 4 commentaires

  1. Beslier Laure

    Merci pour toute cette histoire.
    Quelle femme. Un grand respect.
    Félicitations pour ce travail. Bravo

  2. Noëline Visse

    Merci pour ce récit Magali.
    Et dire que plus de 230 ans après, les femmes sont encore obligées de se battre pour leurs droits !

  3. mx37mx

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