Des cliques aux bandas, en passant par les batteries-fanfares, les orchestres de percussions ou les harmonies, ces formations musicales animent depuis toujours les rues de nos villes et villages. Qu’il s’agisse de fêtes populaires, de corsos fleuris ou de cérémonies officielles, elles insufflent à chaque événement une énergie festive et chaleureuse. Si vos pas vous mènent à Brains, vous entendrez peut-être résonner les cuivres et percussions de la Fanvrôle, un orchestre inspiré du style banda. Pourtant, cette joyeuse troupe n’a pas toujours porté cette identité musicale. À travers leur parcours, découvrons l’évolution de cet ensemble, mais aussi l’histoire des fédérations et des grands concours qui font vivre et rayonner ce genre musical si ancré dans notre patrimoine.
Naissance de la clique
C’est à la fin de l’année 1946 que naît la formation, sous l’impulsion de l’abbé Alexandre Pelé. À l’époque, on parle alors d’une simple « clique », composée de tambours, de grosses caisses et de clairons. Les répétitions, dirigées par Julien Michaud, s’organisent dans les lieux disponibles du village, parfois insolites mais toujours chargés de ferveur. En effet, les clairons s’exercent dans le grenier de la cure, tandis que les tambours font vibrer les murs du local des pompiers.
Après quelques mois d’entraînement intensif, l’association est marquée par un moment symbolique. La bénédiction du drapeau, le 2 juin 1947. Dans la foulée, la clique effectue sa toute première prestation pour le 14 juillet 1947, dans la commune voisine de La Montagne. Ce coup d’envoi officiel marque le début d’une aventure musicale appelée à évoluer, s’enrichir, et faire vibrer des générations de musiciens et de spectateurs.
L’abbé Pelé, l’homme à l’origine de tout

L’abbé Alexandre Pelé est nommé instituteur à Brains le 16 mars 1946. Ce jeune homme de 26 ans est plein d’enthousiasme. En effet, son esprit regorge d’idées pour occuper la jeunesse de la commune. Comme le reste du pays, Brains a souffert de la guerre. Il est important pour le jeune prêtre d’égayer la commune tout en unissant les jeunes autour d’une même passion. Investi dans l’éducation et animé d’un fort engagement communautaire, il joue un rôle essentiel dans la vie du village. C’est ainsi que sous son impulsion naît, à la fin de l’année 1946, la clique de Brains. Cette formation musicale posera les bases de l’actuelle Fanvrôle (https://www.esb-brains.com/).
École où enseignait l’Abbé Pelé (Source : carte postale collection personnelle)
Son parcours sacerdotal se poursuit dans différents ministères. Il devient vicaire à Sion-les-Mines le 7 novembre 1959, puis curé de La Rouxière à partir du 4 septembre 1965. Le 22 mai 1971, il est affecté au secteur de Guémené-Penfao et prend en charge la paroisse de Conquereuil. Enfin, en octobre 1984, il est nommé aumônier de la maison hospitalière de Plessé. Il y poursuivra son engagement pastoral jusqu’à la fin de sa carrière.
Homme de foi et de culture, l’abbé Pelé laisse derrière lui le souvenir d’un bâtisseur, à la fois spirituel et culturel. Son héritage résonne encore dans les rues de Brains. Il décèdera à Plessé en 1990, commune qui l’avait vu naître 70 ans plus tôt.
Qu’est-ce qu’un concours de musique ?
Un concours de batterie-fanfare est bien plus qu’une simple évaluation musicale. En effet, c’est un événement à la fois exigeant, fédérateur et profondément ancré dans la culture des orchestres populaires. Organisé à l’échelle départementale, régionale ou nationale, il réunit des ensembles venus de différents horizons. Dans ces concours, chacun est déterminé à donner le meilleur de lui-même. Les formations y sont classées par niveaux (division honneur, excellence, promotion nationale, etc.). Elles doivent interpréter un programme imposé ou libre, devant un jury composé de musiciens professionnels, chefs d’orchestre ou compositeurs. Chaque détail compte : justesse, équilibre, précision rythmique, cohésion d’ensemble, qualité du timbre, mais aussi expression et musicalité globale.
Au-delà de la performance, ces concours sont des moments de rencontres, d’échanges et de progressions. Les musiciens, souvent amateurs passionnés, y trouvent un but commun, une émulation collective et une reconnaissance de leur travail. Pour beaucoup, c’est aussi l’occasion de découvrir d’autres ensembles. Ainsi les musiciens se nourrissent d’expériences diverses et, parfois, repartent avec une distinction prestigieuse. Prix d’excellence, d’honneur, ou trophée global… peu importe, l’important est de participer et de s’amuser. Bref, un concours de batterie-fanfare, c’est à la fois le fruit d’un long travail de répétition… et une fête de la musique vivante, populaire et vibrante.
En 1949, la formation musicale de Brains franchit une étape importante de son histoire. Elle rejoint alors les rangs de la Fédération Sportive et Culturelle de France (F.S.C.F.), s’inscrivant ainsi dans un réseau national d’ensembles amateurs animés par la passion et l’esprit de transmission. Cette même année, le 10 juillet, elle fait ses premiers pas en compétition en participant à son tout premier concours, organisé à Machecoul, où elle décroche d’emblée un premier prix — un démarrage prometteur qui viendra poser les fondations de son parcours musical.

En 1955, l’ensemble, alors encore désigné sous le nom de « clique », évolue et s’enrichit. C’est alors qu’un pupitre de trompettes vient rejoindre ses rangs. Cela marque un tournant dans sa sonorité et son identité. Cette nouvelle configuration se révèle rapidement fructueuse. Ainsi, lors du concours de Saint-Nazaire, elle obtient un nouveau premier prix, confirmant la qualité de son travail et la dynamique de progression engagée.
Ensuite, en 1972, à l’occasion de son 25e anniversaire, la formation accède pour la première fois au niveau régional. Un nouveau palier est franchit. Cette participation marque non seulement un moment symbolique, mais également une reconnaissance musicale. La batterie-fanfare remporte sa première coupe régionale, couronnant un quart de siècle de passion, d’efforts collectifs et de musique partagée.
Qu’est-ce qu’une fédération de musique ?
Une fédération de fanfares est une structure qui regroupe et coordonne des ensembles musicaux amateurs, tels que les fanfares et les orchestres d’harmonie, en leur apportant un soutien organisationnel, artistique et parfois logistique. Ces fédérations jouent un rôle clé dans la promotion de la pratique musicale collective à travers tout le territoire. En reconnaissance de leur importance dans le paysage culturel français, certaines fédérations ont reçu un agrément officiel du gouvernement, attestant de leur engagement et de leur sérieux.
Parmi ces fédérations agréées figurent l’Union des Fanfares et Ensembles Musicaux France (UFEM France), la Fédération Sportive et Culturelle de France (FSCF), la Confédération des Batteries Fanfare (CFBF) et la Confédération Musicale de France (CMF). Cette reconnaissance s’est inscrite récemment dans le cadre du « Plan fanfare », lancé en 2021, qui vise à renforcer le soutien aux pratiques artistiques des Français. Ce plan encourage les projets portés par des musiciens amateurs réunis en associations, afin de valoriser leur rôle culturel et social au sein des territoires.
Malgré le fait qu’on voyait déjà des fanfares sur les illustrations de l’antiquité et du moyen-âge, le mot « batterie-fanfare » n’est apparu que très tard au dictionnaire. Ainsi, il a fallu attendre 2017 pour qu’il entre officiellement dans le petit-robert.
Au coeur des fédérations
La Fédération Sportive et Culturelle de France (FSCF) n’est pas seulement dédiée à la musique. Elle englobe aussi le sport, ce qui en fait une structure originale et polyvalente. C’est une association loi 1901, gérée de manière démocratique.
Son fonctionnement repose sur un comité directeur de 26 membres. Ce comité est élu tous les quatre ans, en lien avec le calendrier des Jeux olympiques d’été. L’élection se fait lors de l’assemblée générale, qui réunit les représentants des comités régionaux et départementaux.
Ce comité ne peut rien faire tout seul. Il ne serait rien sans l’engagement de milliers de bénévoles. Ce sont eux qui encadrent les associations, forment les jeunes, animent les stages et assurent le bon déroulement des événements.
Lors des concours régionaux ou nationaux, ils jouent aussi un rôle essentiel en évaluant les ensembles. Grâce à leur présence et à leur passion, la fédération peut faire vivre ses projets sur tout le territoire.
Témoignage d’un professionnel engagé dans le milieu amateur
Pour mieux comprendre le fonctionnement d’une fédération musicale et le rôle qu’elle joue dans la transmission de la culture, je me suis entretenue avec Christophe Dichamp. Musicien avant tout, il est également professeur de musique et intervenant auprès de la Fédération Sportive et Culturelle de France (FSCF), de la Confédération Française des Batteries-Fanfares (CFBF), ainsi que d’autres structures associatives. Son regard éclairé permet de mieux saisir comment ces fédérations, souvent peu connues du grand public, soutiennent à la fois la pratique musicale et les valeurs de l’engagement collectif.
Christophe Dichamp baigne dans la musique depuis toujours. « J’ai commencé la musique à 6 ans. Après des débuts dans l’orchestre des Canotiers de Courpière (63), je suis entré à 13 ans dans la batterie-fanfare Saint-Maurice de Vollore-Ville une commune voisine. L’année suivante, je faisais mon premier concours au sein de la FSCF. »

Médaille d’or du conservatoire de Clermont-Ferrand (à l’époque l’entrée était sur concours) Christophe s’engage ensuite comme musicien dans l’armée. En 1992, il intègre la Musique principale des troupes de Marine, où il fera toute sa carrière militaire avant de se tourner vers l’enseignement. Après avoir obtenu un diplôme d’état de professeur de trompette, aujourd’hui, Christophe est professeur de trompette au conservatoire Marin Marais des Sables d’Olonne.
Christophe Dichamp (Source : Photo C. Dichamp)
Malgré son parcours professionnel, il est toujours resté proche du monde de la musique amateur. De 1992 à 2022, il a été membre actif de la commission musique de la FSCF, contribuant pendant 25 ans au développement et à l’accompagnement des ensembles musicaux associatifs. Il a aussi joué dans plusieurs ensembles, dont l’orchestre de la Malmaison (https://www.bf-malmaison.com/).
Mais Christophe le dit clairement : il se considère avant tout comme un musicien. « Le secret pour bien encadrer et bien faire apprendre la musique est de ne pas oublier d’où on vient. »
Depuis sa formation à l’animation dans les fédérations, il s’appuie sur une devise : « le savoir-être, le savoir-faire et, le plus important, le savoir faire-faire. » Pour lui, il est essentiel « d’être toujours à l’écoute de la personne en face, qu’elle soit débutante ou aguerrie. »
Aujourd’hui encore, il travaille avec de grands orchestres et des artistes reconnus, comme récemment Lambert Wilson. Mais il n’oublie pas ses racines : « je viens d’un petit village auvergnat, et je suis comme tous les musiciens que j’accompagne en stage. »
Ses études de musique l’ont mené au professionnalisme. Pourtant, il insiste sur un point essentiel : il n’encadre pas pour la reconnaissance ni pour l’argent. « les juges et professeurs sont bénévoles évoluant dans le milieu professionnel. » Ce qui l’anime, comme ses collègues, c’est avant tout « la passion de la musique ».
Après des décennies d’engagement dans différentes associations, Christophe a vu le monde musical évoluer. « Les gens demandent de plus en plus de festivals autour des bandas, comme les Fanfaronnades à Trentemoult près de Nantes. » Selon lui, les musiciens ont su s’adapter. « Les groupes qui ont vu leurs anciens changer d’instruments et créer des écoles de musique ont survécu. Beaucoup de fanfares sont mortes, faute de s’être renouvelées. L’avenir des groupes est dans la formation de leurs jeunes comme par exemple l’ensemble de jeunes musiciens formés par les groupe de Fanfare « Her2zic » d’Héric et la Batterie fanfare « La Saint Vincent » de Saint Vincent des Landes. »
Lors des concours, il se retrouve face à des musiciens comme lui. Son approche est claire : « il faut savoir rester humble. On n’est pas là pour juger sans arguments. On est là pour donner des conseils et accompagner l’évolution du groupe. » Il ajoute : « le plus important, c’est de trouver les mots justes pour encourager, sans casser les efforts d’une année de travail. »
Et surtout, pour lui, la musique reste un projet collectif. « Le plus important pour un musicien, c’est de comprendre qu’il joue pour le groupe, pas seulement pour lui. Ce n’est pas une compétition entre fanfares comme dans le sport, mais une chance de se surpasser et de faire progresser l’ensemble. L’ensemble c’est ce qui compte le plus. »
Bien sûr, il arrive que certains musiciens prennent mal les remarques. « Parfois, après un concours, un musicien réagit mal aux commentaires. » Mais dans l’ensemble, tout se fait dans la bienveillance. Au fil des années, les juges sont reconnus pour leur expertise musicale.
Christophe tient à souligner qu’il faut rester vigilent pour conserver la musique amateur « la pratique musicale amateur fait aujourd’hui face à des difficultés. La suppression des subventions du Conseil Régional en direction de la culture fragilise de nombreuses structures professionnelles comme amateurs, mettant à mal des projets portés par des bénévoles passionnés et essentiels à la vie culturelle locale ».
Christophe, lui, continue d’avancer. En septembre, en plus de son activité de professeur de musique, il reprendra la direction d’un groupe en tant que chef d’orchestre. Et en avant-première, il annonce la sortie d’un nouvel album en novembre, enregistré avec l’orchestre de la Malmaison au conservatoire des Sables d’Olonne.
Les prestations des Fanfares
Les cérémonies officielles
Les fanfares, et plus largement les batteries-fanfares et harmonies, jouent un rôle essentiel lors des cérémonies officielles. Ces groupes apportent solennité, émotion et cohésion à ces moments de mémoire et de célébration. Elles sont régulièrement sollicitées pour accompagner les grands rendez-vous de la République, tels que :
- Le 8 mai et 11 novembre, commémoration des armistices des deux guerres mondiales,
- Le 14 juillet, fête nationale célébrant la République,
- Cérémonies d’inauguration de bâtiments officiels, remises de décorations, vœux du maire, prises de commandement ou célébrations locales.
Les fanfares jouent un rôle important lors des grands événements. Elles interprètent des morceaux emblématiques comme La Marseillaise, Le Chant des Partisans, La Sonnerie aux morts, ou d’autres airs patriotiques.
Ainsi, elles rythment les moments forts. Elles créent une ambiance solennelle. Elles participent aussi au devoir de mémoire.
De plus, elles incarnent un lien fort entre la culture, la citoyenneté et l’histoire nationale.
Par leur présence, les fanfares renforcent l’aspect collectif de ces instants. Elles rassemblent les institutions, les citoyens et les générations. Elles unissent tout le monde autour de valeurs communes.
Les kermesses et fêtes locales
Les fanfares jouent un rôle essentiel dans les fêtes locales. Tout au long de l’année, elles animent la vie des communes en apportant chaleur, bonne humeur et esprit de fête. Leur musique accompagne de nombreux événements populaires, ouverts à tous.
On les retrouve souvent lors des kermesses ou fêtes d’école. Elles y défilent avec les enfants, accompagnent les spectacles et rythment les jeux en plein air. On peut aussi les croiser dans les fêtes de village ou fêtes patronales. Elles font vivre les rues et les places dans une ambiance festive et intergénérationnelle.
Lors des foires et marchés, leur musique attire les visiteurs et dynamise les animations. On les entend également dans les vide-greniers et brocantes, où elles apportent une touche joyeuse aux balades en famille.
Enfin, elles sont incontournables lors de la Fête de la Musique, moment fort de l’année. Ce jour-là, elles se produisent en plein air, souvent aux côtés d’autres groupes, amateurs ou professionnels, pour partager leur passion avec le plus grand nombre.
Les fanfares jouent aussi dans des cadres informels et festifs. Elles apportent de la musique dans la rue, sur les places ou lors de fêtes locales.
Ainsi, elles renforcent le lien social. Elles encouragent les rencontres entre habitants. Elles participent aussi à l’animation culturelle des territoires.
Leur répertoire est varié. Il s’adapte souvent au public. Grâce à cela, les fanfares deviennent des actrices clés de la culture pour tous.
Enfin, elles contribuent au vivre-ensemble et à la vie locale.
Les grands défilés
Dans le département de la Loire-Atlantique évolue la Fanvrôle. Ce territoire accueille de grandes parades populaires. Parmi elles, on trouve le carnaval de Pornic, le carnaval de Nantes, la Fête des Jonquilles à Saint-Étienne-de-Montluc, la Saint-Laurent de Blain et la Fête des Fleurs.
Ces événements sont des moments forts de la vie culturelle et musicale. Ils mêlent musique, défilés et chars décorés. Ils offrent un spectacle vivant, coloré et festif.
De nombreux ensembles musicaux y participent, dont les fanfares. Les musiciens animent les cortèges. Ils apportent rythme et ambiance. Grâce à eux, l’atmosphère devient joyeuse et conviviale.
En plus, ces fêtes mettent en valeur le patrimoine local. Elles rassemblent les habitants autour d’un projet commun. Elles permettent aussi de faire vivre des traditions festives, riches en émotions et en partage.
Histoire de la « musique de Brains »
De la clique aux Ensembles Sonores de Brains
Fondée en 1946, la clique de Brains a connu une transformation remarquable au fil des décennies. En effet, dès 1949, elle rejoint la Fédération Sportive et Culturelle de France (FSCF). Cette même année, elle participe à son premier concours régional à Machecoul. Elle y décroche alors un premier prix. Ce succès marque le début d’une ascension prometteuse. En 1955, l’ensemble s’étoffe avec l’arrivée d’un pupitre de trompettes. Cette évolution musicale est saluée par un nouveau premier prix au concours de Saint-Nazaire.









Différentes tenues depuis de la création de la fanfare en 1946 dans l’ordre chronologique. A gauche la Fanvrôle aujourd’hui.
(Sources : Photos personnelles ou mises à disposition par l’ESB)
Le 16 octobre 1959 marque une étape décisive avec la création officielle de l’association. Elle est alors baptisée ESB – Étoile Sportive de Brains. Ce nom symbolisera l’identité de la formation jusqu’en 2011. A cette date, elle adopte le nom actuel « Les Ensembles Sonores de Brains ». Cette nouvelle appellation reflète la richesse et de la diversité de son projet musical. Aujourd’hui les ensembles sonores de Brains regroupent trois orchestres. La Fanvrôle est une fanfare de rue, le Fanvrôle orchestra brass band qui se produit en concert et enfin le groupe de reprises pop/rock Kick-off.
Le groupe s’étoffe au fil des années
En 1972, la batterie-fanfare fête ses 25 ans. Cette année-là, elle gagne sa première coupe lors d’un concours régional.
Huit ans plus tard, en 1980, elle franchit une nouvelle étape. Elle enrichit ses sonorités en ajoutant des cors de chasse. En 1984, une école de musique voit le jour. Ce projet éducatif est fondamental. Il formera des générations de musiciens.
Parmi eux, Éric Clavier (aptonyme parfait) se distingue. Aujourd’hui, chef d’orchestre de l’ensemble, il fait ses armes sous la direction bienveillante de son professeur, Maurice Lepavec.

Ainsi, de ses origines modestes à sa forme actuelle, l’histoire des Ensembles Sonores de Brains est celle d’une passion transmise, d’un engagement collectif et d’une évolution constante au service de la musique.
Quand on repense aux débuts du groupe, exclusivement composé de garçons maniant tambours et clairons, le chemin parcouru force l’admiration. Aujourd’hui, la Fanvrôle réunit 35 musiciens, dont 10 femmes, apportant une belle mixité à l’ensemble. Les sonorités se sont elles aussi enrichies au fil du temps. Aux percussions et aux clairons d’origine se sont ajoutés trompettes, saxophones, trombones… et même une guitare électrique. C’est la preuve d’une belle ouverture musicale. Une évolution qui reflète l’esprit d’une fanfare en mouvement, fidèle à ses racines mais résolument tournée vers l’avenir.
Renouveau et dynamisme des années 1990
En 1988, un tournant s’opère dans l’histoire de la formation musicale de Brains. Cette année-là, René Grollier, figure emblématique et pilier de longue date, prend sa retraite musicale. Il passe symboliquement la baguette à François Charpentier, inaugurant ainsi une nouvelle étape dans la vie de l’ensemble. A son initiative un groupe cors est formé au sein de l’E.S.B. . Trois ans plus tard, en 1991, ces cornistes partent en éclaireur pour le premier concours national de l’association à Marans.
En 1992 l’école de musique porte enfin ses fruits car un des anciens élèves, Éric Clavier, prend la direction musicale de l’ensemble. Son arrivée marque l’émergence d’une nouvelle génération de musiciens, formée dans l’esprit de transmission et d’exigence musicale initié par leurs aînés.
En 1994, Patrick Maisonneuve accède à son tour à la présidence de l’association.
Pendant trois années, seul le groupe de cors de chasse était présenté aux Grands Prix nationaux, mais il apportait une dynamique collective forte. Sous son impulsion, c’est l’ensemble de la batterie-fanfare qui se joint à cette aventure ambitieuse, notamment lors d’un déplacement marquant à Nivillac. Ce moment scelle l’unité et l’élan fédérateur du groupe, désormais tourné vers l’excellence et le rayonnement national.
1990 : la fanfare fait son cinéma
En 1990, le réalisateur Jean-Loup Hubert entreprend la quête d’une fanfare authentique pour son nouveau long-métrage, « La Reine Blanche ». Ce film réunit un casting prestigieux. En effet, en tête d’affiche Catherine Deneuve, Richard Bohringer et Bernard Giraudeau, forment un intense trio amoureux. On y compte également la présence de l’inoubliable Jean Carmet, ainsi que de la toute jeune Isabelle Carré, à l’aube de sa carrière.





Photos du tournage de « La Reine Blanche » et jaquette du DVD (Source : Photos Jean-Loup Hubert)
Fraîchement sacrée championne départementale, la fanfare de l’Étoile Sportive de Brains ne se doute pas qu’elle vient d’attirer l’œil de Jean-Loup Hubert. Intrigué par cette victoire, le réalisateur demande à son équipe de casting de se renseigner. On contacte donc François Charpentier, le président de la fanfare. Mais François, prudent, ne veut pas foncer tête baissée.
Plutôt que de lancer un débat interminable, il élabore un plan discret. Il propose au casteur du film de passer au pot prévu pour fêter leur titre… sans rien dire à personne. Pour faire passer la pilule, il demande aux musiciens de venir en tenue — « pour une photo souvenir » — dit-il. Certains râlent un peu, traînent les pieds, mais le jour venu, tout le monde est là, costumé et prêt pour la photo.
L’aubade touche à sa fin, mais toujours pas de casteur en vue. François commence à douter. C’est finalement sa femme, postée en vigie près du parking, qui repère un homme un peu perdu. Il se présente : émissaire de Jean-Loup Hubert. François le fait entrer sans tarder.

L’homme prend la parole, demande le silence, et révèle pourquoi il est là. Les musiciens, bouche bée, accusent le coup. Puis, comme par réflexe, ils se mettent en place, plus sérieux que jamais. Et ils jouent. Pas pour le concours, pas pour le public… mais peut-être pour le cinéma.
Audition pour « la reine blanche » (Source : photo Michelle Charpentier)
Le casteur est conquis. La suite ? C’est Brains qui décroche le rôle, au nez et à la barbe de la fanfare de la Saint-Pierre de Nantes. Et c’est ainsi qu’une joyeuse bande de musiciens amateurs se retrouve embarquée dans une aventure de cinéma totalement inattendue.




L’Étoile Sportive de Brains apparaît dans deux scènes majeures du film. La première, au défilé carnavalesque reconstitué dans une rue de Nantes. La ville est soigneusement décorée pour évoquer l’atmosphère des années 1950, ce qui offre un cadre vivant et coloré. La seconde se déroule en intérieur, lors d’une scène où plusieurs musiciens incarnent des convives participant au vin d’honneur qui suit le défilé. Ils y partagent l’écran avec d’autres comédiens.

Plusieurs musiciens évoquent encore aujourd’hui avec émotion la grande élégance de Catherine Deneuve. Cependant, ce qui les a le plus marqué, c’est la simplicité et la chaleur humaine de Jean Carmet. L’acteur reconnu venait souvent trinquer avec eux entre les prises, savourant les crus locaux dans une atmosphère de fraternité.
Jean Carmet soufflant dans un clairon de la fanfare (Source : Photo Michelle Charpentier)
Ce film, profondément ancré dans la région, a laissé une empreinte durable, tout comme d’autres œuvres de Jean-Loup Hubert, telles que « Le Grand Chemin », tourné à Rouans, qui ont su magnifier les paysages et la culture locale à travers le prisme du cinéma.
Jean-Loup Hubert en pleine concentration sur le tournage (Source : photo Michelle Charpentier)

Du cinéma au stade de la Beaujoire
La renommée de la fanfare de Brains ne tarde pas à faire parler d’elle bien au-delà de la commune. Très vite, leur histoire singulière, entre exploits musicaux et aventure cinématographique naissante, circule dans toute la région. Elle parvient même jusqu’aux oreilles des représentants du prestigieux Football Club de Nantes.
À cette époque, le club vit une saison historique. En effet, la saison 1995-1996, voit les Canaris atteindre les demi-finales de la Ligue des champions de l’UEFA. Dans ce contexte d’effervescence sportive, l’idée d’associer les couleurs du club aux sonorités populaires d’une fanfare locale séduit immédiatement.

Ainsi, tout au long de cette campagne européenne mémorable, la musique de l’Étoile Sportive de Brains résonnera dans les tribunes de la Beaujoire, mêlée aux clameurs des supporters. Cuivres et percussions se joindront aux chants de la foule, ajoutant à chaque match une touche festive et singulière. La fanfare devient alors, l’espace d’une saison, la bande-son inattendue d’une épopée footballistique qui marquera les esprits.
Le Moulin du Breuil
François Charpentier, alors chef et président de l’association, fait un choix à la fois généreux et visionnaire : il décide d’investir une partie du cachet perçu grâce au tournage de « La Reine Blanche » dans la formation des jeunes musiciens.
Souhaitant alors leur offrir bien plus qu’une simple expérience locale, il les inscrit aux stages organisés par la FSCF, où ils ont l’occasion de perfectionner leur art tout en côtoyant d’autres passionnés venus de toute le département. Là, dans cette effervescence musicale, naissent les premières rencontres, les échanges, les complicités.
De ces moments de partage, parfois intenses, souvent joyeux, émergent des amitiés solides. En effet, certaines perdurent encore aujourd’hui, tissant un fil invisible entre les générations et les orchestres, bien au-delà des partitions.
Après la fin de la saison musicale en 1991, une belle énergie animait les jeunes musiciens qui peinaient à se séparer à l’approche de l’été. Trop jeunes pour entrer dans la vie active, ils nourrissaient surtout une envie profonde : poursuivre la musique ensemble, au-delà des concours et des répétitions habituelles. De cette aspiration est née une idée ambitieuse et fédératrice : créer un stage d’été entièrement dédié à la musique.

Ce projet novateur fut organisé dans un cadre atypique, celui d’un ancien moulin où les musiciens investissent les espaces désaffectés. Cela donna naturellement son nom au stage. Là, les jeunes s’installèrent en toute autonomie, formant un véritable campement de fortune, sans eau ni électricité, mais animé uniquement par la passion du son et du partage. Hormis quelques parents présents pour assurer la logistique culinaire — car nourrir autant de musiciens affamés n’était pas une mince affaire —, les participants vivaient une expérience collective riche, portée par leur enthousiasme et leur esprit de camaraderie.
Photo aérienne du premier stage au moulin du Breuil (Source : Photo de l’ESB)
Ainsi, dès la première édition, ce stage réunissait, avec les musiciens de Brains, ceux des fanfares de Pont Saint-Martin et de l’Entente de Campbon-Prinquiau rencontrés lors des stages de la FSCF. L’année suivante, le groupe s’élargit avec l’arrivée de ceux de l’Écho de l’Erdre de Riaillé. Plus tard, des membres de la Saint-Clair de Nantes viennent renforcer ce rassemblement unique. Le nombre de participants a parfois dépassé la quarantaine. Des encadrants de la fédération venaient même bénévolement donner des cours aux jeunes musiciens.
Ce creuset musical, composé de talents venus de différentes formations, a également favorisé la naissance de nombreuses amitiés profondes, et a aussi formé des couples inter-fanfares.
Ce stage d’été est devenu un véritable symbole de la richesse et de la vitalité du mouvement fanfare, alliant convivialité, apprentissage et amour de la musique dans un esprit de partage unique.
La fanfare et les concours
En 1997, la batterie-fanfare franchit un cap historique. En effet, pour la toute première fois, elle concourt en division d’excellence lors du concours régional de Marans. Cette montée en gamme ne tarde pas à porter ses fruits. L’ensemble s’y distingue brillamment et décroche un prix d’excellence, prélude à une reconnaissance encore plus grande.
Quelques mois plus tard, lors du concours national de Janzé, en Ille-et-Vilaine, la formation confirme son niveau exceptionnel en obtenant un prestigieux prix d’honneur. Ce prix conforte le travail collectif rigoureux et passionné. Dans cette dynamique, le groupe de cors réalise également un exploit remarquable. Ainsi, ils remportent, pour la troisième année consécutive, le trophée Pierre Herniou. Cette récompense, très convoitée, distingue l’ensemble ayant obtenu le meilleur total de points toutes catégories confondues.

Mais l’ascension ne s’arrête pas là. En 2000, à Bergerac, la batterie-fanfare franchit de nouveau un palier en accédant au niveau « Promotion Nationale ». C’est alors l’antichambre des plus hautes distinctions, ce niveau consacre l’ensemble comme l’un des plus prometteurs de sa génération, aux portes des grands prix.
Ces étapes marquent une période de rayonnement intense, fruit d’années de persévérance, de passion et d’un esprit collectif profondément enraciné dans chaque note jouée.
Évolution de la fanfare au fil des années
Après la création percutante de la Batouk-Machine — formation de percussions haute en énergie — les cuivres, bien décidés à ne pas rester dans l’ombre, se lancent à leur tour dans une aventure musicale originale. En 2008, ils donnent naissance à un nouvel ensemble : une banda festive et décalée, baptisée avec un savoureux mélange de fantaisie et d’esprit potache La Fanvrôle — Fanfare de la Vache Folle. Un nom qui, derrière son humour apparent, cache un clin d’œil subtil au sigle traditionnel de la batterie-fanfare, la fameuse E.S.B., détournée ici avec malice.
L’année suivante, en 2009, tandis que la Batouk-Machine fait vibrer ses tambours et que la Fanvrôle étoffe joyeusement son répertoire de rue, les musiciens décident de prolonger l’aventure collective. Ils organisent le Fanfares Festi-Show, fidèle à la recette qui a fait son succès : des ensembles cuivrés, un esprit libre, et surtout la rue comme scène principale — lieu d’expression populaire, spontanée, vivante.
Face à cette effervescence créative et à la diversification des formations, l’association décide qu’il est temps de faire évoluer son identité. Le nom Étoile Sportive de Brains, hérité d’une époque plus ancrée dans les compétitions, ne reflète plus la richesse musicale ni la diversité des expressions désormais portées par ses membres. Un changement s’impose : le mot « sportive » cède la place à « sonores », bien plus en accord avec le timbre… et l’esprit de l’ensemble.

Ainsi naît officiellement « les Ensembles Sonores de Brains », un nom qui résonne comme une déclaration d’indépendance musicale, un clin d’œil à l’humour de ses membres et un hommage à la créativité sans cesse renouvelée de cette joyeuse confrérie de musiciens.
Logo de la Fanvrôle (Source : ESB)
Rassemblements festifs à Brains autour de la fanfare
En 2007, à l’occasion de son 60e anniversaire, l’Étoile Sportive de Brains décide de marquer l’événement avec éclat. Les musiciens lancent alors un projet ambitieux et festif : la toute première édition du Fanfares Festi-Show.
Le temps d’un week-end de juin, Brains devient le cœur battant des musiques populaires. Le samedi soir, un grand concert est organisé, réunissant notamment la prestigieuse batterie-fanfare du May-sur-Èvre, pour un moment de partage musical à la fois vibrant et fédérateur. Le lendemain, le village s’anime dès l’aube : les rues accueillent une joyeuse cacophonie orchestrée, où se croisent bagadoù, bandas, steel bands, batucadas, et bien sûr, batteries-fanfares. Un véritable tour d’horizon des sonorités de rue, dans une ambiance chaleureuse et résolument festive.

Cinq ans plus tard, en 2012, pour célébrer les 65 ans de l’association, une nouvelle occasion se présente : la Ligue Régionale confie à Brains l’organisation des rencontres régionales annuelles d’ensembles musicaux. L’événement prend une envergure inédite, et pour l’occasion, il est rebaptisé avec humour et panache : Le Grand Fanfarnaüm de l’Ouest.
Le nom est à la hauteur de l’événement. Ce rassemblement hors normes réunit une vingtaine de fanfares venues de tout le Grand Ouest : pas moins de dix départements, répartis sur quatre régions, sont représentés. Une explosion de sons, de rythmes, de couleurs et d’émotions, qui témoigne non seulement de la vitalité du monde des fanfares, mais aussi de la capacité de Brains à devenir, le temps d’un week-end, une véritable capitale des musiques en mouvement.
La vie quotidienne d’une fanfare
Les moments de répétition ne sont pas seulement dédiés à la musique : ils sont aussi l’occasion de célébrer la vie des musiciens. Ainsi, les anniversaires sont régulièrement fêtés en fin de séance, autour d’un gâteau partagé, parfois accompagné d’un verre et de quelques éclats de rire. Mais l’un des temps forts reste sans doute la Sainte-Cécile, célébrée chaque 22 novembre. À cette occasion, la salle est décorée aux couleurs de la fanfare, les partitions laissent place aux discours, aux petits cadeaux symboliques, et parfois même à une remise de médailles pour les années de fidélité ou d’engagement. Un repas ou une soirée festive suit souvent la cérémonie, renforçant les liens entre les musiciens et rappelant que, bien au-delà des notes, la fanfare est avant tout une grande famille.
2025 : retour aux grands prix nationaux de France
Depuis les années 1990, la baguette est restée entre les mains d’un même chef : Éric Clavier, figure emblématique et pilier de la formation. À ses côtés, depuis 2004, la présidence est assurée par Jean-Noël Charpentier, fils de François Charpentier, lui-même chef et président dans les années 90. Une belle transmission, témoin de la passion familiale et intergénérationnelle qui anime cette fanfare.
Au fil des décennies, l’ensemble n’a cessé de rayonner, en prenant part à de nombreux concours régionaux et nationaux, sillonnant la France pour partager son amour de la musique et relever de nouveaux défis.
En 2025, un nouveau chapitre s’ouvre : pour la première fois, la formation décide de se présenter au prestigieux concours des orchestres de rue de la FSCF, organisé à Noyal-Muzillac durant le week-end de la Pentecôte. Ce grand rassemblement réunit 34 ensembles, représentant 1 300 musiciens, venus non pour s’affronter, mais pour se dépasser, dans un esprit de progression, de fête et de fraternité musicale. Certains viennent en voisins mais on a également pu y rencontrer un groupe de la Guadeloupe.
J’ai décidé de suivre ce concours comme un véritable reporter, en m’immergeant dans les coulisses de cet événement national. Mon objectif est de vous faire découvrir ce qui se passe derrière la scène, ces moments souvent invisibles mais essentiels, pour mieux comprendre l’ampleur et la richesse de cette compétition. Je veux partager avec vous les anecdotes, les préparatifs, les émotions des participants, bref, tout ce qui rend ce rendez-vous si unique et vivant.
Voici un diaporama qui retrace les temps forts et les instants clés qui rythment une rencontre inter-musicale d’une telle ampleur.









Quelques unes des prestations du dimanche après-midi tout en couleurs (Source : Photos personnelles)



C’est l’heure des résultats, la Fanvrôle repart avec un prix de la musicalité (Source : Photos personnelles)
J’espère que ce petit reportage au cœur du concours national vous aura plu et permis de découvrir l’envers du décor de cet événement unique. Un grand merci à la batterie-fanfare de Noyal-Muzillac (https://www.facebook.com/bfnoyal/?locale=fr_FR) pour leur accueil généreux, leur disponibilité et leur enthousiasme communicatif tout au long de cette aventure musicale.
Dans l’ombre des musiciens
Derrière chaque concours, chaque sortie musicale, chaque concert ou fête de village, il y a une armée discrète mais indispensable : les bénévoles. Ce sont eux qui aident les musiciens à préparer les salles, monter les podiums, accueillir les formations, servir au bar ou même installer les buvettes. Sans leur engagement, leur énergie et leur dévouement, rien de tout cela ne serait possible. Leur travail, souvent invisible, est pourtant le socle sur lequel reposent ces événements. Ils sont les premiers à arriver, les derniers à partir, toujours prêts à donner de leur temps, par passion et par esprit de service. Lors du concours de Noyal-Muzillac une « armée verte » s’est évertuée à nous rendre la vie agréable.

Aux côtés des musiciens, il faut aussi saluer les supporters du quotidien : familles, conjoints, enfants, amis. Ces accompagnants fidèles suivent les musiciens dans toutes leurs aventures, parfois à l’aube pour un concours, parfois sous la pluie pour une aubade. Ils encouragent, rassurent, félicitent, mais ils font bien plus encore. Ils organisent les pique-niques, préparent les gâteaux pour les ventes aux concerts, surveillent les plus jeunes, veillent sur les instruments oubliés dans un coin de salle, et prennent en charge mille petits détails logistiques. Leur soutien, discret mais indéfectible, crée une ambiance chaleureuse, presque familiale, qui donne tout son sens à la vie associative. Ce sont eux aussi, à leur manière, les gardiens de l’esprit de fanfare.
Les honneurs de la presse à la fanfare de Brains
Depuis sa création, la fanfare de Brains a fait les honneurs de la presse. Voici quelques articles conservés précieusement par la secrétaire de l’association Cécile Maisonneuve.
La fanfare, une histoire de famille et d’amitiés
Les fanfares, les bandas, ces musiques de rue et de fête, ponctuent nos vies bien plus qu’on ne le pense. Elles sont là, en fond sonore de nos souvenirs : un mariage, une fête de village, une commémoration, un défilé. Parfois discrètes, parfois éclatantes, elles accompagnent nos joies, nos rassemblements, nos émotions — sans même que nous en ayons pleinement conscience.
Je ne pouvais conclure cet article sans évoquer celle qui a marqué ma vie, celle de mon cœur : la batterie-fanfare de Fay-de-Bretagne (https://www.bf-saintmartin44.fr/). C’est là que tout a commencé pour moi. Le jour où Bernard, un voisin alors président de l’association, m’a tendu la main pour m’inviter à jouer du métallophone, je ne savais pas encore que j’avais trouvé une seconde famille. Une famille faite de musique, de rires, de répétitions parfois laborieuses mais toujours sincères, et de liens qui résistent au temps.
Et si un jour la vie vous mène ailleurs — mutation, déménagement, hasard d’un nouveau départ — poussez la porte d’une fanfare. Que vous soyez musicien aguerri ou simplement curieux de le devenir, vous y trouverez toujours un sourire, un pupitre et une place pour vous. Car dans ces orchestres populaires bat quelque chose de rare : l’esprit d’accueil, le plaisir du collectif, et une musique qui rapproche les âmes.
Remerciements
Un grand merci aux musiciens de Brains et à leurs familles pour les photos, les infos… et leur mémoire sans faille ! Votre aide précieuse (et vos archives bien rangées) ont été d’une grande richesse.
Parmi les musiciens, un grand merci surtout à Cécile Maisonneuve, secrétaire dévouée et archiviste officieuse de l’association, pour la précision et la ténacité de ses recherches documentaires surtout au niveau des archives de presse.
Merci aussi à Michelle et François Charpentier pour leurs anecdotes aussi savoureuses que croustillantes – un vrai plaisir d’écouter des souvenirs racontés avec autant de passion.
Un immense merci à Christophe Dichamp, qui a pris le temps de répondre à mes questions avec générosité, entre deux répétitions, deux orchestres, et probablement quelques solos de trompette.
Merci également à Jean-Loup Hubert, réalisateur talentueux, pour les magnifiques images et l’ambiance nostalgique du film « La Reine Blanche ». Un vrai cadeau !
Merci à mon mari Jean-Noël, président de l’association, collecteur de souvenirs et premier de mes lecteurs, pour son soutien indéfectible, sa relecture patiente et son regard bienveillant, qui accompagnent fidèlement chacun de mes écrits.
Enfin, un clin d’œil reconnaissant aux musiciens de Noyal-Muzillac et à tous les bénévoles qui ont œuvré pour l’organisation des Grands Prix Nationaux de France 2025. Sans vous, pas de musique, pas de fête, et sûrement beaucoup moins de sourires.







































Bravo encore un super article, très bien écrit commenté et illustré.Merci
Bravo pour ce très long article richement documenté.
Merci pour tous ces détails précieux qui nous remémorent d’excellents souvenirs.
Tout est prêt pour fêter en 2027 les 80 ans de notre fanfare .
Très intéressant. Comme d’habitude!
J’ai fait connaissance avec la fanfare … article très détaillé, comme d’habitude !
Bravo !