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De Jorge Mario Bergoglio à Sa Sainteté le pape François

Le 21 avril 2025, le pape François s’est éteint. Il laisse derrière lui un monde bouleversé, une Église transformée, et un souffle d’Évangile gravé dans le cœur de millions d’âmes. Premier pape venu d’Amérique latine, jésuite et homme de gestes simples, il aura marqué son époque par une parole fraternelle, un regard tourné vers les marges, et une volonté inébranlable de réforme.

Raconter son histoire, ses origines, c’est plus qu’un devoir de mémoire. Pour moi c’est célébrer un homme qui aura voulu faire de l’Église une maison ouverte à tous. Il a redonné au monde la force douce de la miséricorde. Le raconter c’est aussi retracer le parcours d’un pape qui, sans jamais chercher à briller, a su éclairer les chemins les plus sombres.

Les Racines à Buenos Aires

Jorge Mario Bergoglio naît le 17 décembre 1936, dans le quartier populaire de Flores, à Buenos Aires. Jorge est le fils d’une Argentine d’origine ligure, Regina María Sivori, et d’un Piémontais immigré, Mario José Bergoglio, comptable aux chemins de fer. Il grandit dans un foyer modeste et profondément catholique. L’enfant est le premier-né d’une fratrie de cinq. Il est donc élevé dans un univers marqué par les traditions italiennes. La rigueur du travail, et la ferveur d’une foi transmise sont comme un héritage sacré.

Il est baptisé le jour de Noël, dans la basilique Saint-Charles-Borromée du quartier d’Almagro, par le père Enrique Pozzoli. Ce dernier deviendra plus tard son directeur spirituel. La figure de sa grand-mère Rosa, dont il conserve encore le testament dans son bréviaire, marquera aussi durablement sa spiritualité.

Basilique Saint-Charles-Borromée du quartier d’Almagro à Buenos Aires
Basilique Saint-Charles-Borromée du quartier d’Almagro à Buenos Aires (source : Photo domaine public)

Une enfance dans la spiritualité

Son enfance est simple mais nourrie d’une intense vie intérieure. À dix-sept ans, dans l’église San José, un événement transforme sa trajectoire. En effet, au cours d’une confession précédant la fête de saint Matthieu, il fait l’expérience bouleversante de la miséricorde divine. Ce moment, qu’il qualifie de véritable « appel », fait naître en lui une vocation profonde. Fiancé à l’époque, il choisit alors de rompre ses engagements amoureux pour suivre la voie du sacerdoce. Ceci à l’image de saint Ignace de Loyola1, dont il deviendra un disciple fidèle.

Jorge Mario Bergoglio à 12 ans - Collège salésien de Ramos Mejia (source : Colegio Salesiano Don Bosco de Ramos Mejía)
Jorge Mario Bergoglio à 12 ans – Collège salésien de Ramos Mejia (source : Colegio Salesiano Don Bosco de Ramos Mejía)

Adolescent curieux, il fréquente les bancs du collège salésien Wilfrid Barón. Il poursuit ensuite des études techniques à l’école industrielle E.N.E.T no 27. Il y obtient un diplôme de technicien en chimie. Pour financer ses études, il travaille comme homme de ménage dans une usine, et même, confiera-t-il plus tard, comme videur dans un club de nuit. Ce contact direct avec la rue, les marges, les réalités humaines les plus rugueuses, forge son regard social.

Sur le plan politique, le jeune Bergoglio ne s’inscrit dans aucun parti, mais s’intéresse vivement aux idéologies de son temps. Il lit les textes communistes prêtés par une professeure paraguayenne, écoute les orateurs justicialistes. Il échange aussi avec des militants socialistes. C’est alors un jeune homme ouvert, engagé, attentif au tumulte du monde. Cependant, il est toujours guidé par une quête spirituelle.

À 21 ans, il est frappé par une grave infection pulmonaire qui nécessite l’ablation d’une partie de son poumon droit. Il touche ainsi du doigt la fragilité de la vie. Cette épreuve physique devient donc une étape décisive sur le chemin de son engagement religieux. Peu après, il entre au séminaire.

Les études théologiques du Pape François

Après avoir obtenu son diplôme de technicien en chimie, Jorge Mario Bergoglio abandonne la voie toute tracée de la science pour répondre à l’appel du sacré. Le 11 mars 1958, il entre au noviciat de la Compagnie de Jésus, à Villa Devoto. C’est alors le début d’un long chemin de formation intérieure et intellectuelle. Il est guidé par les principes ignaciens2 d’obéissance, de discernement et de service.

Jorge Mario Bergoglio séminariste à Villa Devoto - afin des années 1950 (Source : domaine public)
Jorge Mario Bergoglio séminariste à Villa Devoto – afin des années 1950 (Source : domaine public)

Envoyé au Chili pour sa formation spirituelle initiale, il s’immerge dans les silences et les rigueurs de la vie jésuite. Il y découvre ainsi la profondeur du retrait, le goût de la contemplation et la valeur de l’humilité. Ensuite, à partir de 1963, il revient en Argentine pour poursuivre des études de philosophie à Buenos Aires. Il se distingue déjà par sa soif de connaissance, mais surtout par sa capacité à transmettre.

De 1964 à 1966, il exerce la régence. Cette période d’enseignement pratique est exigée par la formation jésuite. Il l’effectue dans deux établissements prestigieux : le Colegio de la Inmaculada à Santa Fe, puis le Colegio del Salvador à Buenos Aires. Là, il enseigne la littérature avec passion. Ceux qui l’ont connu alors, décrivent un jeune professeur charismatique, rigoureux mais proche de ses élèves. En effet, il est déjà capable d’embraser les esprits sans jamais écraser les cœurs.

Puis vient l’étape du théologat3. De 1967 à 1970, Bergoglio étudie la théologie au sein du théologat de San Miguel. Cet établissement est situé dans la périphérie de Buenos Aires et rattaché à l’université jésuite del Salvador. C’est dans ce lieu, propice au recueillement et à la maturation spirituelle, qu’il affine son intelligence de la foi. Le 13 décembre 1969, il est ordonné prêtre par l’archevêque de Córdoba, Ramón José Castellano. Une date qui, pour lui, scelle l’alliance définitive entre sa vie intérieure et le service du monde.

Après son ordination, il poursuit ses études au sein de la faculté théologique et philosophique San José de San Miguel. Il y approfondit sa compréhension des grands textes et des courants de pensée.

Doté d’un esprit curieux et multilingue, Jorge Bergoglio parle bien sûr l’espagnol de son pays natal. Il pratique aussi l’italien et le piémontais de ses origines familiales. Il maîtrise également l’allemand, langue dans laquelle il a étudié la philosophie. Enfin, il manie le latin avec aisance et possède des notions de portugais, de français et d’anglais. Cette ouverture linguistique traduit son appétit de l’autre, sa volonté d’universalité. Cela est déjà perceptible dans sa manière d’enseigner, d’écouter et de s’adresser aux âmes.

Les débuts du prêtre Jorge Bergoglio

En 1971, Jorge Mario Bergoglio quitte temporairement l’Argentine pour vivre à Alcalá de Henares, en Espagne. En effet, il y effectue son « Troisième An », une retraite spirituelle jésuite marquant l’approfondissement de sa vocation. À son retour, en 1972, il devient maître des novices au Colegio Máximo San José. Il s’y distingue par sa rigueur et son engagement. Le 22 avril 1973, il prononce ses vœux définitifs. Puis, trois mois plus tard, il est nommé provincial des jésuites d’Argentine à seulement 36 ans.

Archives photographiques du "Colegio Máximo San José" en Argentine (Source : domaine public)
Archives photographiques du « Colegio Máximo San José » en Argentine (Source : domaine public)

À la tête d’un ordre fragilisé, le jeune prêtre doit faire face à la chute des vocations. Il affronte également des divisions liées à la théologie de la libération. Certains lui reprochent sa réserve face aux prêtres engagés auprès des pauvres. A côté de cela, d’autres saluent sa capacité à préserver l’unité dans un contexte de dictature militaire. En 1974, il confie la direction de l’université del Salvador à d’anciens membres de l’organisation péroniste OUTG4, illustrant son pragmatisme face aux tensions idéologiques.

En 1980, à la fin de son mandat, il devient recteur de la faculté de San Miguel et curé de la paroisse Saint-Joseph. Enseignant exigeant, prêtre combatif, il critique la corruption et la décadence morale du pays. Cependant son autoritarisme suscite des tensions internes. En 1986, il tente un doctorat à Francfort, mais revient vite, désenchanté. Réaffecté discrètement à Córdoba, il vit dans l’ombre une période d’humilité profonde, recentré sur le service et la confession.

L’Ombre et la Lumière

Les années de dictature en Argentine (1976-1983) laissent une trace profonde dans l’histoire du pays. Le parcours de Jorge Mario Bergoglio, alors provincial des jésuites en est alors bouleversé. Dès 2000, il appelle l’Église à reconnaître son silence face à la répression et à purifier la mémoire collective. Mais en 2005, le livre « El Silencio » du journaliste Horacio Verbitsky5 relance la polémique. En effet, Bergoglio est accusé d’avoir abandonné deux jésuites, Franz Jalics6 et Orlando Yorio7, arrêtés par la junte alors qu’ils travaillaient dans des quartiers pauvres.

Après son élection comme pape, ces accusations font grand bruit. Le Vatican les réfute. Il souligne l’absence de preuves et rappelle que Bergoglio a été entendu par la justice qui a conclut à son innocence. Franz Jalics, après un dialogue avec lui, écarte les accusations et concélèbre même une messe à ses côtés. Orlando Yorio, lui, meurt en gardant des doutes.

Face aux révélations sur les complicités de l’Église avec la junte, Bergoglio adopte une position prudente. Il refuse alors d’imputer à l’institution les crimes de certains de ses membres. Cette prudence lui vaut des critiques, notamment des Mères de la place de Mai8. Toutefois, des voix comme celle du prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel9 affirment qu’il n’a jamais été complice. Son biographe, Sergio Rubín10, évoque également plusieurs vies sauvées grâce à ses interventions discrètes, dont celle de l’avocate Alicia Oliveira11.

Ce n’est qu’en 2012 que l’Église argentine reconnaît publiquement sa responsabilité morale dans cette période. Ainsi, Bergoglio reste une figure traversée par la complexité. Il est fidèle à sa conscience, engagé dans l’ombre, parfois critiqué, mais aussi profondément respecté.

L’évêque de Buenos Aires

Le 20 mai 1992, Jorge Mario Bergoglio est nommé évêque auxiliaire12 de Buenos Aires par Jean-Paul II13. Cette nomination est acclamée malgré certaines réticences exprimées au Vatican par le supérieur général des jésuites, Peter-Hans Kolvenbach14. Il reçoit alors le titre d’évêque titulaire d’Oca et quitte son relatif isolement à Córdoba.

Rapidement, son influence grandit : il est nommé archevêque coadjuteur15 en 1997, puis succède à Antonio Quarracino comme archevêque16 de Buenos Aires le 28 février 1998.

Refusant le confort de la résidence épiscopale, Bergoglio s’installe dans un modeste appartement proche de la cathédrale. Il continue de confesser régulièrement. On le voit se lever à l’aube et maintenir une proximité constante avec ses prêtres, à travers des repas partagés ou une ligne téléphonique directe. En 2009, il ira jusqu’à héberger un prêtre menacé de mort par des narcotrafiquants.

Chargé des fidèles de rite oriental, il suit aussi de près le phénomène du miracle eucharistique de Buenos Aires17, dont le rapport final lui est remis en 2006.

Le cardinal discret et populaire

Le 21 février 2001, Jean-Paul II élève Jorge Bergoglio au rang de cardinal-prêtre18, avec le titre de San Roberto Bellarmino. Fidèle à son humilité, il refuse que des fidèles se rendent à Rome pour l’occasion. Il préfère alors que l’argent soit donné aux pauvres. La même année, il lave les pieds de malades du SIDA à l’hôpital Francisco Muniz, poursuivant sa pastorale des périphéries. Il décline aussi la présidence de la Conférence épiscopale argentine19, malgré son influence croissante, notamment face à la crise sociale du pays.

L'étreinte entre Jean-Paul II et le cardinal Bergoglio, le 21 février 2001 sur la Place Saint-Pierre (Source : domaine public)
L’étreinte entre Jean-Paul II et le cardinal Bergoglio, le 21 février 2001 sur la Place Saint-Pierre (Source : domaine public)

À l’heure où l’Église institutionnelle perd en crédibilité, il incarne une Église plus proche du peuple, appelant à la réconciliation nationale. Cela provoque des tensions avec les présidents Néstor20 et Cristina Kirchner21, notamment sur les droits humains et les questions sociétales. Il devient un repère moral dans le débat public.

En 2005, son nom est évoqué au conclave qui élit Benoît XVI22. Certains affirment qu’il aurait supplié les cardinaux de ne pas voter pour lui. En 2007, il préside la commission de rédaction du document final lors de la Ve conférence du CELAM au Brésil23, renforçant son rôle au sein de l’Église d’Amérique latine.

Lors de sa visite ad limina24 en 2009, il fait part à Benoît XVI de ses inquiétudes sur l’évolution de la société argentine. Bien qu’ayant atteint la limite d’âge en 2011, le pape le maintient quelques mois à la tête de son diocèse. À Rome, Bergoglio siège dans plusieurs congrégations et conseils, œuvrant sur des sujets tels que la liturgie, la vie consacrée, la famille et l’Église en Amérique latine.

Le pape François venu du bout du monde

Le 11 février 2013, le monde apprend avec stupeur la renonciation de Benoît XVI. Un conclave25 est convoqué dès le 12 mars. Parmi les interventions marquantes, celle du cardinal Bergoglio retient l’attention : il y évoque avec force la nécessité pour l’Église de se tourner vers ses périphéries, de sortir d’elle-même.

Fumée blanche annonçant l'élection du nouveau pape (Source : domaine public)
Fumée blanche annonçant l’élection du nouveau pape (Source : domaine public)

Le 13 mars, après cinq tours de scrutin, une fumée blanche s’élève au-dessus de la chapelle Sixtine. À 19h06, l’annonce tombe : « Habemus Papam26 ». Le cardinal Jorge Mario Bergoglio devient le 266e pape de l’Église catholique.

Il prend le nom de François. C’est une première dans l’histoire, un hommage à saint François d’Assise27. Ce choix résonne comme un programme : humilité, pauvreté, paix. Son apparition au balcon est tout aussi inédite. En effet, il est vêtu d’une simple soutane blanche, sans la traditionnelle mozette, ni ornement. Il s’incline devant la foule pour lui demander de prier pour lui, avant de donner sa bénédiction.

Ses premiers mots, prononcés avec simplicité et chaleur — « Frères et sœurs, bonsoir » — donnent le ton d’un pontificat tourné vers la proximité. Il salue d’abord le diocèse de Rome, rappelant que les cardinaux lui ont confié la tâche d’en être l’évêque, puis prie pour son prédécesseur, le qualifiant d’évêque émérite28.

Les premiers gestes d’un nouveau style

La messe inaugurale de son ministère pétrinien29 a lieu le 19 mars 2013, jour de la Saint-Joseph, place Saint-Pierre. Plus de 150 000 fidèles et 132 délégations du monde entier y assistent. Avant la célébration, le nouveau pape se recueille devant le tombeau de saint Pierre30. Le cardinal Tauran31 lui remet le pallium32, symbole du bon pasteur33, et le cardinal Sodano34 lui passe à l’annulaire l’anneau du pêcheur35. Contrairement aux habitudes, elle était en argent massif, non en or. Il avait recyclé une bague du secrétaire de Paul VI36, l’archevêque Pasquale Macchi37, mort en 2006.

Autrefois, la chevalière papale était détruite à coups de marteau pour éviter toute falsification après la mort du pape. Depuis la démission de Benoît XVI, on préfère entailler l’anneau d’une croix pour le rendre inutilisable. Aujourd’hui, le risque d’usurpation est faible. Selon la tradition, le camerlingue38, actuellement Kevin Farrell39, récupère l’anneau après la mort du pape et le détruit devant les cardinaux, avant l’ouverture officielle du conclave.

Bague du pape François représentant le saint tenant les clés du royaume des cieux

Dans son homélie40, François appelle au respect de tous, en particulier des plus vulnérables. En effet, les enfants, les personnes âgées et les exclus seront son combat. Un message clair, porté par l’image d’un pontificat à l’écoute des marges.

Moment historique : pour la première fois depuis le schisme de 105441, un patriarche de Constantinople, Bartholomée42, assiste à cette messe. Ce dernier salue en François le « premier évêque de Rome, qui préside dans la charité », marquant un geste fort vers l’unité des chrétiens.

François entre ainsi dans l’histoire comme le premier pape jésuite. Mais il est surtout le premier non-européen depuis plus de douze siècles, et le premier issu du continent américain. Il est aussi le premier pape élu parmi les cardinaux créés par Jean-Paul II. En effet, ses trois prédécesseurs avaient été élevés par Paul VI.

Un nom, une mission : le pape François

Lorsque le cardinal Jean-Louis Tauran annonce au monde le nom du nouveau pape, il prononce un prénom inédit dans l’histoire du pontificat : François. Cela faisait plus de 1 100 ans qu’un pape n’avait pas introduit un tout nouveau nom, si l’on excepte Jean-Paul Ier, qui avait créé une combinaison originale en hommage à ses prédécesseurs Jean XXIII et Paul VI.

Le choix du nom ne doit rien au hasard. Peu après son élection, le nouveau pape confie l’origine de cette inspiration : c’est le cardinal brésilien Claudio Hummes43, son voisin au conclave, qui lui glisse à voix basse : « N’oublie pas les pauvres ! » Ce rappel, touchant au cœur de Bergoglio, l’oriente aussitôt vers François d’Assise, le saint des pauvres, de la paix, et de la fraternité universelle.

« François est le nom de la paix, et c’est ainsi que ce nom est venu dans mon cœur »

Pape François

Ce choix évoque aussi la simplicité, l’humilité, et une écologie intégrale :

« Il (saint François) nous enseigne le respect profond de toute la Création… que trop souvent nous exploitons avec avidité, au détriment d’autrui ».

Certains observateurs, notamment parmi les vaticanistes44, y voient une seconde lecture. Un clin d’œil discret à saint François Xavier45, cofondateur de la Compagnie de Jésus46, dont est issu le nouveau pape. Mais François n’a jamais voulu s’attarder sur cette interprétation.

En toute cohérence avec son style, il précise qu’il souhaite être simplement appelé « François », sans le numéro « Ier ». Un titre de service, non de grandeur. Il révèlera plus tard qu’en 2005, il avait envisagé — s’il avait été élu — de prendre le nom de Jean XXIV, en hommage au « bon pape Jean », Jean XXIII.

Signe et symbole : les armoiries du pape François

Blason du pape François

Le 18 mars 2013, cinq jours après son élection, le pape François rend publiques ses armoiries papales. Elles ne rompent pas totalement avec la tradition. En effet, elles marquent une continuité pleine de sens avec son passé d’archevêque de Buenos Aires. Le blason est de forme espagnole, un choix qui souligne ses racines latino-américaines.

Les éléments traditionnels de la papauté sont présents : les clés de saint Pierre, déjà utilisées par Jean-Paul II, croisées derrière l’écu, et la mitre pontificale47 à trois bandes d’or, introduite par Benoît XVI. En revanche, le pallium archiépiscopal, présent sous les armoiries de Benoît XVI, disparaît. C’est un geste discret mais révélateur d’un style moins centré sur les insignes de pouvoir. L’écu lui-même est d’un bleu profond (azur), frappé en son centre d’un soleil doré rayonnant, portant le monogramme IHS – le sceau de la Compagnie de Jésus – surmonté d’une croix rouge, et soutenu de trois clous noirs, rappel de la Passion48. À droite, une étoile dorée à huit branches, symbole de la Vierge Marie. À gauche, une fleur de nard d’or, penchée, représentant saint Joseph49, patron de l’Église universelle. Deux figures chères à François, qu’il évoque souvent dans ses méditations et prières.

Dans son blason cardinalice, l’étoile et la fleur étaient d’argent, mais le passage à l’or souligne leur valeur spirituelle élevée. Le passage à huit branches pour l’étoile, quant à lui, fait écho aux huit béatitudes, cœur de l’enseignement évangélique.

Le pape conserve aussi sa devise archiépiscopale, en latin : « Miserando atque eligendo ». Cela signifie « En le regardant avec miséricorde, il l’a choisi ». Cette phrase, tirée des Homélies de saint Bède le Vénérable50, commente l’appel de saint Matthieu51 par Jésus. Elle résonne profondément dans le cœur de François. En effet, il dit avoir ressenti l’appel de Dieu lors de cette fête en 1953, à l’âge de 17 ans. Un regard, un choix, un appel : tout son ministère découle de ce moment.

Réformer pour ouvrir : l’Église en mouvement

Les premiers pas du pape François

Dès les premiers instants de son pontificat52, François donne le ton. L’Église ne peut plus rester repliée sur elle-même. Lors d’un discours aux cardinaux, juste avant son élection, il lance cette image saisissante :

« Le Christ frappe à la porte de l’Église, mais il frappe de l’intérieur ! Il veut qu’on ouvre les portes en grand, pour le laisser sortir. »

Pape François

Une invitation claire à dépasser les murs, à aller vers les périphéries, une intuition pastorale qui deviendra la colonne vertébrale de son pontificat.

Peu de temps après, lors du vol retour des Journées mondiales de la jeunesse à Rio de Janeiro, il partage avec les journalistes une réflexion audacieuse :

« Nous devons trouver un nouvel équilibre, autrement l’édifice moral de l’Église risque de s’écrouler comme un château de cartes, de perdre la fraîcheur et le parfum de l’Évangile. »

Pape François

Fidèle à cette vision, il engage deux chantiers majeurs de réformes dès les premiers mois :

  • la restructuration de la Curie romaine53, souvent perçue comme lourde, centralisée et bureaucratique ;
  • la refonte de la pastorale de la famille54, sujet délicat, mais crucial pour reconnecter l’Église à la vie réelle des fidèles.

Ces réformes ambitieuses suscitent des résistances notables. Celles-ci viennent en particulier de certains cercles conservateurs du Vatican, peu enclins à remettre en question l’ordre établi. Pourtant, François ne recule pas.

L’un de ses combats les plus constants est celui contre le cléricalisme55. Pour lui, l’Église doit se débarrasser de cette logique hiérarchique figée, où le prêtre se situe au-dessus du peuple. Il rappelle que les clercs ne sont pas des chefs. Pour lui, ce sont des serviteurs, appelés au ministerium, c’est-à-dire au service humble des fidèles.

« Le pasteur doit avoir l’odeur de ses brebis », dira-t-il à plusieurs reprises.

François engage donc une Église en conversion. La mission prime sur les privilèges, et l’Évangile doit redevenir le cœur battant de toute action.

Evangelii Gaudium : une Église en sortie

En 2013, quelques mois après son élection, le pape François publie « Evangelii Gaudium » (La joie de l’Évangile), une exhortation apostolique qui marque un tournant pastoral pour l’Église. Ce texte lance un appel pressant à une « Église en sortie », missionnaire, tournée vers les périphéries géographiques et existentielles.

« Evangelii Gaudium » (La joie de l’Évangile) – écrit du Pape François (Source : éditions Salvator)

François y exhorte l’Église à sortir de ses structures et à aller vers ceux qui sont marginalisés : pauvres, malades, exclus, étrangers. L’Évangile doit se vivre dans la proximité, le témoignage joyeux et des gestes concrets de miséricorde et de solidarité.

Il critique le cléricalisme, la centralisation du pouvoir, et plaide pour une Église plus humble, synodale56 et participative, où chaque fidèle est acteur de la mission. Il appelle à des réformes pour une pastorale plus réaliste, simple, incarnée dans les défis humains actuels.

« Evangelii Gaudium » défend une Église pauvre pour les pauvres. Une église solidaire des peuples du Sud, engagée contre les injustices sociales et économiques. Il propose une Église audacieuse, joyeuse, au service du monde et des plus vulnérables. Une église dans l’esprit d’un véritable renouveau missionnaire.

Transmission et relations avec Benoît XVI

Dès le début de son pontificat, le pape François doit composer avec une situation inédite : la présence d’un prédécesseur encore en vie, Benoît XVI. Cette cohabitation marque l’histoire de l’Église et inaugure une relation singulière entre les deux papes.

Le 23 mars 2013, ils se rencontrent à Castel Gandolfo57, dans un moment historique : c’est la première fois qu’un pape en exercice échange ainsi avec son prédécesseur. L’entretien, de près de trois heures, reste discret, sans communication officielle sur les sujets abordés.

Cependant, certains observateurs estiment que des dossiers sensibles ont pu être évoqués : l’affaire Vatileaks58, les réformes de la curie romaine, la situation des finances du Vatican, les relations avec les lefebvristes59, ou encore l’évolution du gouvernement de l’Église.

Cette rencontre, marquée par la simplicité et la discrétion, ouvre une nouvelle manière de concevoir la continuité du pontificat, dans un esprit de respect et de dialogue.

La création du « C9 »

Un mois après son élection et suivant l’une des recommandations importantes issues des congrégations générales, la secrétairerie d’État du Vatican rend publique la constitution d’un groupe de travail collégial composé de huit puis neuf cardinaux (surnommé le « C9 ») pour conseiller le pape dans le gouvernement de l’Église et, plus particulièrement, étudier un projet de réforme de la curie en révisant la constitution apostolique Pastor Bonus60 promulguée par Jean-Paul II en 1988.

Le 10 mars 2023, le Saint-Siège annonce une « refondation » du « C9 », avec l’entrée au Conseil des « très “bergogliens” » cardinaux Gérald Cyprien Lacroix61, archevêque de Québec, Sérgio da Rocha62, archevêque de San Salvador de Bahia au Brésil, Jean-Claude Hollerich63, archevêque de Luxembourg, Juan José Omella64, archevêque de Barcelone qui rejoignent les cardinaux Alzaga65, Parolin66, Gracias67, Ambongo68 et O’Malley69.

Réunion du conseil des cardinaux de décembre 2024 (Source : domaine public)

Réforme de la Curie

Sous l’influence du groupe de travail « C9 », le pape François entreprend une réforme progressive des structures de la Curie romaine. Il se concentre dans un premier temps sur la gestion administrative, financière, les moyens de communication, avant d’aborder les dicastères eux-mêmes. Cette démarche aboutit à la promulgation de la constitution apostolique Praedicate evangelium (« Annoncez l’Évangile »), un texte fondamental publié de manière inattendue le 19 mars 2022.

L’objectif de cette réforme est de transformer la Curie en un organisme plus dynamique. Il veut la tourner vers l’extérieur, résolument missionnaire et au service de l’évangélisation. Praedicate evangelium cherche à faire émerger des initiatives locales, en mettant l’accent sur la synodalité et en accordant une plus grande responsabilité aux conférences épiscopales ainsi qu’aux laïcs, désormais appelés à assumer des rôles de gouvernance dans les dicastères. En parallèle, le pouvoir du pape, en tant que « principe perpétuel et visible de l’unité de l’Église », est renforcé.

Cette réforme, qualifiée de « révolution » et de « changement de culture radical », modifie profondément l’organisation de la Curie, simplifiée autour de seize dicastères70, dont celui de l’évangélisation, placé sous la direction directe du pape. Praedicate evangelium introduit aussi des évolutions importantes en matière de dogme, de discipline et de structure de l’Église, s’inscrivant ainsi dans un mouvement de modernisation visant à renforcer l’efficacité de l’Église dans le monde contemporain.

Doctrine de la foi

Le 1er juillet 2017, le pape François prend la décision surprise de démettre le cardinal Gerhard Ludwig Müller71, nommé par Benoît XVI à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il le remplace par le jésuite Luis Ladaria Ferrer72. Cette décision marque un tournant dans la gestion du dicastère.

En juillet 2023, François va encore plus loin en nommant Víctor Manuel Fernández73, un de ses proches collaborateurs argentins, à la tête du dicastère pour la doctrine de la foi. Fernández, bien que partageant la vision pastorale et théologique du pape, se considère « plus progressiste que le pape » sur de nombreux aspects. Ce choix fait de lui le premier compatriote argentin à occuper un poste majeur à la Curie et est perçu comme un signal fort du pape en faveur d’un renouveau théologique et pastoral au sein de l’Église, en ligne avec les enseignements du concile Vatican II74.

Dans une lettre « très inhabituelle » accompagnant cette nomination, François exhorte son nouveau préfet à « veiller sur l’enseignement » de l’Église. Il lui demande de rompre avec les méthodes d’antan, qui utilisaient parfois des moyens immoraux pour combattre les erreurs doctrinales. Il insiste sur l’importance de soutenir le travail des théologiens. Pour cela, il privilégie une théologie vivante et engagée. Elle doit être capable de présenter un Dieu miséricordieux et salvateur, loin des approches rigides et dominatrices.

La « banque du Vatican75 »

Le 24 avril 2013, lors de son audience générale, le pape François qualifie l’Institut pour les œuvres de religion, plus communément appelé la « Banque du Vatican », de « nécessaire jusqu’à un certain point » et annonce une réforme de cette institution. Le 24 juin 2013, il crée alors une commission pontificale consultative pour étudier la situation de la banque et envisager des réformes visant à mieux aligner son fonctionnement avec la mission de l’Église universelle. Cette commission est présidée par le cardinal Raffaele Farina76.

Peu après, le 2 juillet, le directeur général de l’IOR ainsi que son adjoint démissionnent. Le 24 février 2014, François promulgue le Motu Proprio Fidelis dispensator et prudens77, instituant un secrétariat pour l’économie, destiné à superviser la préparation du budget et la gestion financière du Vatican.

En plus de s’attaquer aux problèmes au sein de l’IOR, le pape François mène également une lutte contre la corruption. Il s’attaque ensuite aux scandales financiers touchant divers diocèses de l’Église. Cela se manifeste par les démissions de plusieurs évêques et archevêques.

Le nouveau secrétaire d’état du pape François

Le 31 août 2013, le pape François annonce la nomination de Pietro Parolin78 au poste de secrétaire d’État du Saint-Siège, en remplacement du cardinal Tarcisio Bertone79, à partir du 15 octobre de la même année. Parolin, un diplomate expérimenté de 58 ans, possède un profil pastoral et est particulièrement attentif aux problématiques sociales et humaines. Très familier avec la curie romaine, qu’il aide à réformer, il incarne un choix stratégique pour redéfinir un poste devenu de plus en plus influent sous le pontificat de Benoît XVI.

Cardinal Pietro Parolin en 2021 (Source : Wikipédia)

Peu avant sa nomination, Parolin avait exprimé dans un entretien que le célibat des prêtres, bien que profondément enraciné dans la tradition ecclésiastique, n’était pas un dogme et pouvait être discuté, le qualifiant de « grand défi » pour le pape.

Les nouveaux cardinaux nommés par le pape François

Dès le début de son pontificat, le pape François entreprend une réforme significative du Collège des cardinaux. Il créé 35 nouveaux postes de cardinaux en une seule année. Il choisit délibérément des pasteurs partageant sa vision pastorale. L’accent est ainsi posé sur des prélats originaires des pays du Sud (comme la Thaïlande, le Cap-Vert, la Birmanie, le Vietnam, la Nouvelle-Zélande, les Tonga, etc.) en délaissant certaines villes traditionnellement cardinalices, dont Venise.

Cardinaux pendant une célébration (source : domaine public)

François modifie également la composition du Collège cardinalice. Il réduit l’influence de la Curie et celle de l’Europe, notamment de l’Italie, au profit des autres régions du monde. Ainsi, alors qu’en 2013, l’Europe comptait 60 cardinaux électeurs, ce nombre est tombé à 52 en 2020. Cela représente une part plus faible du total des cardinaux électeurs. À l’inverse, l’Amérique latine voit son nombre de cardinaux électeurs augmenter leur nombre de 13 à 23. L’Asie et l’Océanie passent elles de 11 à 18, et l’Afrique de 11 à 16. De plus, des cardinaux proviennent désormais de régions périphériques de l’Église, telles que des pays en guerre, des zones de grande pauvreté ou des pays où les chrétiens sont minoritaires (comme Haïti, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ou le Bangladesh).

Selon les experts, le pape François, contrairement à ses prédécesseurs, a choisi des cardinaux qui sont en phase avec sa ligne théologique rendant le Sacré Collège un reflet croissant de sa pensée et de ses origines.

Vision de l’Église et de sa mission d’évangélisation

Dès ses premiers mois de pontificat, le pape François marque l’histoire en canonisant les 800 martyrs d’Otrante80 le 12 mai 2013, devenant ainsi le pape ayant canonisé le plus grand nombre de personnes. En janvier 2014, il annonce une réduction des coûts pour l’ouverture de procès en canonisation, favorisant ainsi les « causes pauvres ». Il utilise fréquemment la canonisation équipollente, une procédure que ses prédécesseurs employaient rarement, notamment pour canoniser Jean XXIII81, qui n’avait qu’un seul miracle reconnu. En 2013, il autorise par dérogation papale la canonisation de six nouveaux saints, un record que seul Léon XIII82 avait égalé en 20 ans.

Le 11 juillet 2017, François publie le motu proprio Maiorem hac dilectionem, introduisant l’offrande de la vie parmi les cas d’espèce pour la béatification83 et la canonisation84.

En matière de vision de l’Église, François partage, selon ses propres paroles, une conception missionnaire de l’Église. Il souligne ainsi son rôle d’aller vers les périphéries, qu’elles soient géographiques ou existentielles. Le souverain pontife va là où se trouvent la souffrance, l’injustice et la misère. Il critique l’Église « autoréférentielle85 » qui se concentre trop sur elle-même, retenant le Christ sans le faire sortir vers le monde. Il dénonce également la « spiritualité mondaine ». Pour lui c’est un mal grave qui menace l’Église, et appelle à des réformes pour le salut des âmes. Pour le pape, un « homme de contemplation » est nécessaire pour rapprocher l’Église des périphéries existentielles de l’humanité, reprenant une réflexion de Joseph Malègue86 sur la compréhension du Christ.

Enfin, lors de la messe clôturant l’« Année de la foi87 » en novembre 2013, François expose les reliques de saint Pierre88 et remet sa première exhortation apostolique Evangelii gaudium, centrée sur la nouvelle évangélisation et la transmission de la foi chrétienne.

Les engagements du pape François

La main tendue du pape François envers les migrants

Le pape François a fait de la défense des migrants l’un des piliers de son pontificat. Il appelle sans relâche à l’accueil, à la solidarité et au respect de la dignité humaine. Dès le début de son ministère, il s’est rendu sur l’île de Lampedusa89 en 2013, symbole des tragédies migratoires en Méditerranée, pour y dénoncer la « mondialisation de l’indifférence ». Il insiste ainsi sur la nécessité d’une approche humaine et intégrale. Il souligne que les migrants ne sont pas des statistiques, mais des visages, des histoires, des vies.

À travers ses discours, ses gestes concrets et ses prises de position internationales, il exhorte les États et les fidèles à dépasser les peurs. Il demande de construire des ponts plutôt que des murs, et fait ainsi la promotion d’une culture de la rencontre. Son engagement se manifeste aussi dans l’organisation d’initiatives concrètes d’accueil au Vatican. Il intervient lors de grandes rencontres internationales. Il y défend une politique migratoire juste, solidaire et respectueuse des droits fondamentaux.

Pour son premier déplacement le pape François avait choisi l'île de Lampedusa symbole de la cause des migrants (Source : domaine public)
Pour son premier déplacement le pape François avait choisi l’île de Lampedusa symbole de la cause des migrants (Source : domaine public)

Jeudi saint 2013 : le pape François rompt avec les traditions

Le 28 mars 2013, lors de la célébration du Jeudi saint, le pape François effectue un geste symbolique puissant. En effet, il lave les pieds de détenus du centre de détention pour mineurs de Casal del Marmo, en périphérie de Rome. Contrairement aux prescriptions du missel romain90, qui ne prévoit que des hommes pour cette cérémonie, François inclut deux femmes – une catholique italienne et une musulmane serbe – dans ce rite. Ce geste, qu’il a déjà accompli en tant que cardinal à Buenos Aires, incarne pour lui un « signe » et une « caresse de Jésus ». Il souligne que ce geste, qu’il accomplit avec amour, relève de son devoir en tant qu’évêque et prêtre, marquant ainsi son engagement envers la solidarité et l’inclusivité.

Le pape François lavant les pieds des détenus (Source : domaine public)

L’écologie le combat du pape François

En 2015, le pape François publie « Laudato si’ », une encyclique écologique majeure. Son titre, tiré du « Cantique des créatures » de saint François d’Assise, annonce une louange à « sœur notre mère la Terre ». Mais le texte va bien au-delà d’un manifeste environnemental. Ainsi, il développe une écologie intégrale. Cette dernière lie protection de la nature, justice sociale, respect de la vie humaine et responsabilité spirituelle.

Loué sois-tu « Laudato si' » – livre du pape François sur l’écologie (Source : éditions Pierre Téqui)

Face à la crise climatique, aux pollutions, à la perte de biodiversité et aux inégalités, François appelle à une véritable conversion écologique, portée par l’idée que « tout est lié ». Il dénonce les excès du modèle technocratique, la course au profit, et l’injustice écologique, soulignant que les plus pauvres paient le prix fort de la crise qu’ils n’ont pas causée.

L’encyclique91 s’adresse à tous, croyants ou non, dans un esprit de dialogue universel entre peuples, religions, politiques et scientifiques. Elle appelle à une sobriété heureuse, à la redécouverte de la beauté de la Création et à l’éducation à la tendresse envers toute vie, dans la lignée de saint François d’Assise.

Laudato si’ sera saluée internationalement, évoquée dans les sommets climatiques et forums interreligieux, consacrant François comme une figure morale majeure de l’écologie mondiale.

Le pape et la presse : l’entretien aux revues jésuites

Lors de son premier entretien avec la presse, publié en septembre 2013 dans « La Civiltà Cattolica » et d’autres revues jésuites, le pape François inaugure ce que certains commentateurs appellent une « ouverture historique » et une « rupture » dans l’Église. Ce long entretien de trente pages est perçu comme un « aggiornamento » révolutionnaire. François y exprime son désir de réformer la pastorale de l’Église. Il y met l’accent sur l’ouverture, la miséricorde et l’accompagnement notamment envers les divorcés, les homosexuels et les femmes ayant avorté. Il souligne que l’Église ne doit pas être obsédée par la transmission rigide de doctrines. Pour lui, on doit trouver un équilibre pour éviter que « l’édifice moral de l’Église ne s’écroule ».

La civiltà cattolica 0520

Le pape compare l’Église à un « hôpital de campagne ». En effet, il estime qu’elle doit soigner les blessures des individus avant d’aborder les questions doctrinales. Il plaide ainsi pour une plus grande place des femmes dans l’Église. Il appelle à une réflexion sur leur rôle dans les domaines de l’autorité ecclésiale. Le pape François est soucieux de rompre avec la tradition centralisatrice de la curie romaine. En effet, il souhaite que les églises locales aient un rôle plus important et que la structure de l’Église devienne plus synodale, inspirée des pratiques des églises orthodoxes. Cette vision renouvelée de l’œcuménisme repose sur l’idée que les différentes confessions chrétiennes ont beaucoup à apprendre les unes des autres.

Relations avec le courant traditionaliste

Les relations du pape François avec les traditionalistes catholiques oscillent entre ouverture et recentrage autour du concile Vatican II. En 2015, la Fraternité Saint-Pie-X, en rupture avec Rome depuis les années 1980, est inscrite en Argentine comme institut de vie consacrée. C’est un geste administratif facilitant sa reconnaissance locale sans pour autant lui accorder de statut canonique.

Durant le jubilé de la Miséricorde92 (2015–2016), François autorise temporairement la validité des confessions données par les prêtres de la Fraternité. Cette autorisation devient permanente dans « Misericordia et misera », montrant une volonté d’intégration progressive.

Cependant, il prend aussi des mesures de fermeté : en 2019, il supprime la commission Ecclesia Dei. Ainsi, il transfère ses fonctions à la Congrégation pour la doctrine de la foi, renforçant ainsi le cadre doctrinal du dialogue.

Le tournant décisif survient en 2021 avec Traditionis custodes, qui limite fortement l’usage du rite tridentin93 réhabilité par Benoît XVI. François y voit un risque de rejet du concile Vatican II. Dans une lettre aux évêques, il affirme que la tradition est vivante et inséparable de l’élan conciliaire. Ce texte défend donc l’unité de l’Église autour du magistère conciliaire, plus qu’il ne réforme la liturgie.

Le pape François et les réseaux sociaux

Dès le début de son pontificat, le pape François manifeste une volonté affirmée de dialoguer avec les jeunes générations. Ces échanges s’établissent à travers les outils numériques. À l’instar de son prédécesseur Benoît XVI, il choisit d’investir les réseaux sociaux pour évangéliser de manière contemporaine. Son compte Twitter officiel, @Pontifex, devient ainsi un canal privilégié de communication directe avec les fidèles du monde entier. Les tweets y sont publiés en neuf langues, ce qui témoigne de l’orientation universelle de sa mission pastorale.

Tweet du pape François pour les un an de son pontificat (source : photo personnelle)

L’impact de cette stratégie numérique est rapidement reconnu. En 2014 et 2015, le cabinet de communication Burson-Marsteller le désigne comme le leader mondial le plus influent sur Twitter. Son message, souvent concis et spirituel, touche un large public et dépasse les cercles religieux. En juillet 2017, son compte franchit le cap symbolique des 35 millions d’abonnés, confirmant sa popularité et sa portée mondiale.

Le 19 mars 2016, en la solennité94 de saint Joseph, François franchit une nouvelle étape en rejoignant Instagram sous le pseudonyme Franciscus. Dans son premier message, il annonce l’ouverture de ce compte comme « un nouveau chemin ». Il a pour but de « parcourir avec vous les voies de la miséricorde et de la tendresse de Dieu ». Par cette présence visuelle, il entend illustrer par l’image la proximité, la compassion et l’humanité qu’il souhaite incarner dans sa mission pontificale.

Ainsi, l’utilisation des réseaux sociaux par le pape François ne se limite pas à une stratégie de communication. Elle s’inscrit dans une dynamique pastorale visant à rejoindre les périphéries numériques, fidèles à sa vision d’une Église en sortie.

Action diplomatique

Le pape François a exercé une influence diplomatique majeure, jouant un rôle-clé dans le dialogue international et la promotion de la paix. Il a notamment contribué à la reprise des relations entre Cuba et les États-Unis, en accueillant avec le Canada des pourparlers secrets entre les deux pays. Ce processus, évoqué lors de la visite de Barack Obama au Vatican en 2014, illustre la capacité du pape à faciliter le dialogue dans des contextes bloqués.

Pape François et les dirigeants européens en 2017

En Europe, il s’adresse aux dirigeants lors du 60e anniversaire du Traité de Rome95 en mars 2017, appelant à raviver l’unité, la solidarité et la paix sur le continent, dans un discours salué au Vatican par les responsables européens.

Le pape François et les dirigeants européens en mars 2017 (Source : domaine public)

Sur le plan mémoriel, François réagit aux révélations sur les pensionnats pour enfants autochtones96 au Canada en annonçant une visite sur place, marquant un engagement fort en faveur de la justice, du pardon et de la réconciliation.

Jusqu’à la fin de son pontificat, il reste actif sur la scène internationale. En effet, la veille de sa mort, un dimanche de Pâques, il rencontre le vice-président américain, J. D. Vance97, poursuivant son action diplomatique jusqu’à son dernier souffle.

Déplacements en France

Le pape François a effectué plusieurs déplacements marquants en France. Ces visites illustrent son engagement pour une Église en dialogue avec le monde.

En 2014, il se rend à Strasbourg pour s’adresser au Parlement européen et au Conseil de l’Europe. Ce geste fort souligne son appel à une Europe engagée dans la défense de la dignité humaine, de la solidarité et de la paix.

Près de dix ans plus tard, en septembre 2023, il visite Marseille à l’occasion de la 3ᵉ rencontre des évêques de la Méditerranée. Dans un contexte migratoire tendu, il prie à Notre-Dame-de-la-Garde. Il participe ensuite à un hommage interreligieux aux migrants disparus, et visite des personnes précaires à Saint-Mauront. Il rencontre Emmanuel Macron, puis célèbre une messe au stade Vélodrome devant 60 000 fidèles, symbole fort d’unité.

Le pape François en Corse en décembre 2024

Le 15 décembre 2024, il se rend à Ajaccio. Il y bénit des enfants. Il appelle à la paix au Moyen-Orient et en Ukraine. Enfin, il exprime sa solidarité avec les victimes du cyclone à Mayotte. Il retrouve ensuite Emmanuel Macron, dans la continuité d’un dialogue régulier avec la France.

Le pape François en Corse en décembre 2024 (Source : Ouest-France décembre 2024)

Par ces visites, François incarne une Église engagée, solidaire et attentive aux défis contemporains.

Un dernier « à Dieu » au Pape François

François aura été le souffle doux d’un vent nouveau sur l’Église. Un pasteur aux pas légers, proche des pauvres, parlant avec le cœur plus qu’avec le dogme. Il aura semé l’Évangile dans les marges, caressé les blessures du monde, et rappelé que la tendresse est aussi une force.

Son héritage est celui d’un pontificat de lumière discrète, d’une Église en marche, qui choisit l’humilité, la miséricorde et l’espérance. Comme un murmure d’Évangile dans le tumulte des temps.

  1. Ignace de Loyola, né en 1491 à Loiola et mort le 31 juillet 1556 à Rome, est un prêtre et théologien basque-espagnol. Il est l’un des fondateurs et le premier supérieur général de la Compagnie de Jésus — en latin abrégé « SJ » pour Societas Jesu — congrégation catholique reconnue par le pape Paul III en 1540. ↩︎
  2. La spiritualité ignatienne ou ignacienne est une perception et conception chrétienne de la personne – corps et esprit – dans sa relation avec Dieu et avec le monde ambiant qui s’inspire de la vie et de l’expérience mystique d’Ignace de Loyola. ↩︎
  3. La théologie est un ensemble de champs disciplinaires qui concerne l’idée de Dieu ou du divin. L’approche confessante de ces champs d’étude les distingue de l’approche agnostique des sciences des religions. ↩︎
  4. À travers l’OUTG, présente dans de nombreuses régions et qui se concentrait sur la formation de cadres militants, le général Perón avait l’intention de créer une « arrière-garde » qui ne s’engagerait pas dans la lutte armée contre la dictature. ↩︎
  5. Horacio Verbitsky né en 1942 en Argentine est un journaliste et écrivain argentin, ex-militant du Parti justicialiste et du mouvement armé Montoneros pendant la période de la dictature argentine. ↩︎
  6. Franz Jalics, né le 16 novembre 1927 à Budapest et mort le 13 février 2021, est un prêtre jésuite hongrois, maître spirituel et écrivain de renom. ↩︎
  7. Orlando Yorio, né le 20 décembre 1932 à Santos Lugares et mort le 9 août 2000 à Montevideo est un religieux jésuite argentin. Il est connu pour avoir survécu à une détention de 5 mois par les escadrons de la mort de la dictature argentine en compagnie d’un autre jésuite, le père Franz Jalics. ↩︎
  8. Les Mères de la place de Mai sont, en Argentine, l’unique organisation de défense des droits de la personne composée exclusivement de femmes durant la dictature ↩︎
  9. Adolfo Pérez Esquivel, né le 26 novembre 1931 à Buenos Aires est un artiste argentin engagé, qui a reçu le prix Nobel de la paix pour son travail de défense des droits de l’homme. ↩︎
  10. Sergio Rubín, né le 30 juillet 1958, est un journaliste argentin et le biographe du pape François dont il a rédigé la seule biographie disponible. ↩︎
  11. Alicia Beatriz Oliveira (24 novembre 1942 – 5 novembre 2014) était une juriste et femme politique argentine connue pour son engagement en faveur des droits de l’homme. Elle se lia d’amitié avec le père Jorge Bergoglio, futur pape François, qui baptisa ses trois enfants. ↩︎
  12. Un évêque auxiliaire est un évêque à part entière. Il aide l’évêque responsable d’un diocèse important. Il n’a pas de juridiction directe sur le diocèse. Il reçoit l’ordination épiscopale et est nommé à un siège titulaire d’évêque. ↩︎
  13. Jean-Paul II est un pape et un saint de l’Église catholique. Il a exercé la charge de souverain pontife entre son élection le 16 octobre 1978 et sa mort le 2 avril 2005. ↩︎
  14. Peter-Hans Kolvenbach est un prêtre jésuite néerlandais de rite arménien, élu le 11 septembre 1983, le 29ᵉ Supérieur général de la Compagnie de Jésus. Il a remis sa démission le 14 janvier 2008, au cours de la 35ᵉ Congrégation générale réunie à Rome depuis le 7 janvier 2008. Il est décédé en 2016 à Beyrouth. ↩︎
  15. Un évêque ou archevêque coadjuteur est un évêque nommé, comme un évêque auxiliaire, aux côtés d’un évêque diocésain, avec droit de succession immédiate au siège de l’évêque dont il est l’adjoint, après la démission ou la mort de ce dernier. ↩︎
  16. Le titre d’archevêque est attribué non seulement aux évêques qui dirigent les sièges métropolitains, mais également à ceux qui dirigent des archidiocèses non métropolitains. La plupart de ces archidiocèses non métropolitains se situe en Europe et au Levant, et doit son statut aux évolutions historiques. ↩︎
  17. Le miracle eucharistique de Buenos Aires est une série d’événements qui ont eu lieu à Buenos Aires dans l’église de Santa Maria en 1992, 1994 et 1996. Durant ces événements, une substance rouge est apparue sur des parties d’hosties consacrées. ↩︎
  18. Aujourd’hui encore, les évêques du monde devenus cardinaux sont tous fictivement rattachés à une paroisse de Rome dont ils sont officiellement les curés en titre : c’est pour cela qu’on parle de cardinal-prêtre, car rattaché à un « titre presbytéral ». ↩︎
  19. La Conférence épiscopale argentine est un organisme permanent de l’Église catholique en Argentine qui réunit les évêques catholiques en fonction de ce pays. Elle émet aussi des avis comme représentant du clergé catholique au niveau national, autant sur des questions religieuses que sur des problèmes socio-économiques. ↩︎
  20. Néstor Kirchner, né Néstor Carlos Kirchner Ostoić le 25 février 1950 à Río Gallegos et mort le 27 octobre 2010 à El Calafate, est un homme d’État argentin. ↩︎
  21. Cristina Fernández de Kirchner — appelée Cristina Fernández dans les pays hispanophones, ou parfois Cristina Kirchner —, née Cristina Elisabet Fernández le 19 février 1953 à La Plata, est une femme d’État argentine. Elle est présidente de la Nation de 2007 à 2015 et vice-présidente de 2019 à 2023. ↩︎
  22. Joseph Aloisius Ratzinger, né le 16 avril 1927 à Marktl et mort le 31 décembre 2022 au Vatican, est un prélat et théologien catholique allemand, élu pape le 19 avril 2005 sous le nom de Benoît XVI. ↩︎
  23. La cinquième conférence est réunie par Benoît XVI à Aparecida au Brésil en 2007. La réflexion est centrée sur la figure du missionnaire. Un regard critique y est apporté sur la mondialisation, au regard de ce qu’elle apporte de pauvreté, d’inégalités, et de destruction de la planète. ↩︎
  24. Ad limina apostolorum (ou en abrégé : ad limina) est une expression latine qui signifie littéralement « au seuil des apôtres ». Dans le catholicisme, cette formule désigne le Saint-Siège. Une visite ou un pèlerinage ad limina apostolorum signifie que l’on se rend à Rome. ↩︎
  25. Enceinte où sont enfermés les cardinaux pour procéder à l’élection d’un pape. Le conclave est présidé par le doyen du Collège des cardinaux, qui traditionnellement est aussi l’évêque d’Ostie. Le conclave prend fin lorsque le cardinal protodiacre monte en compagnie du pape à la loggia des bénédictions où il prononce l’Habemus papam depuis ce balcon central de la basilique Saint-Pierre. ↩︎
  26. Habemus papam est une locution latine séculaire qui signifie « Nous avons un pape ». Elle est prononcée par le cardinal protodiacre à l’issue d’un conclave. ↩︎
  27. François d’Assise, né Giovanni di Pietro Bernardone en 1181 ou 1182 à Assise et mort le 3 octobre 1226 dans cette même ville, est un religieux catholique italien, diacre, mystique, et fondateur de l’ordre des Frères mineurs (O.F.M.) en 1210, caractérisé par une sequela Christie dans la prière, la joie, la pauvreté, l’évangélisation et l’amour de la Création divine.
    Chevalier du Christ et de Dame Pauvreté, saint François est considéré comme l’un des plus grands saints de l’histoire de l’Église : il fait accomplir au christianisme une mutation décisive, et est rapidement surnommé l’Alter Christus, « l’autre Christ », après sa mort. Selon la tradition catholique, il est le premier saint de l’histoire à recevoir les stigmates.
    Saint François d’Assise est aussi considéré comme le précurseur du dialogue interreligieux, notamment pour ses échanges avec le sultan d’Égypte Al Kâmil, qu’il tente de convertir tout en cherchant à mettre fin à la cinquième croisade. ↩︎
  28. Quand un évêque atteint 75 ans, il demande à déposer la charge de son diocèse. Quand elle est acceptée par le Pape, il devient évêque émérite. ↩︎
  29. Le ministère pétrinien est fondamentalement le service de Pierre à toute l’Église , à commencer par les évêques auxquels sont unies les communautés diocésaines et paroissiales. ↩︎
  30. Pierre, Siméon Bar-Yonah selon le témoignage des Évangiles, aussi appelé Kephas ou Simon-Pierre, est un Juif de Galilée ou de Gaulanitide connu pour avoir été l’un des disciples de Jésus de Nazareth. Il est considéré comme le premier pape. ↩︎
  31. Jean-Louis Tauran, né le 5 avril 1943 à Bordeaux et mort le 5 juillet 2018 à Meriden aux États-Unis, est un cardinal français de la Curie romaine. Il est président du conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux de 2007 à 2018, et camerlingue de la Sainte Église romaine du 20 décembre 2014 à sa mort. ↩︎
  32. Le pallium est une fine écharpe de laine qui symbolise le pouvoir pontifical et exprime l’union étroite des archevêques avec le pape. Il est donc l’élément distinctif des archevêques métropolitains que le pape remet lui-même à Rome, le 29 juin, jour de la fête des saints Pierre et Paul. ↩︎
  33. Iconographie majeure de la religion chrétienne qui représente le bon berger. Elle illustre un aspect de la mission de Jésus : celui qui rassemble, guide, recherche (celui qui est égaré) et donne sa vie pour les autres. Il fait paître son troupeau et ramène la brebis égarée. ↩︎
  34. Angelo Sodano, né le 23 novembre 1927 à Isola d’Asti dans le Piémont en Italie et mort le 27 mai 2022 à Rome, est un cardinal catholique italien, cardinal secrétaire d’État de la Curie romaine de 1990 à 2006 et doyen du Collège des cardinaux du 30 avril 2005 au 21 décembre 2019. ↩︎
  35. L’anneau du pêcheur (en latin : anulus piscatoris) est l’insigne que reçoit le pape lors de l’inauguration solennelle du pontificat. Il représente saint Pierre pêchant au filet dans sa barque, une évocation de la fameuse pêche abondante que réalisa l’apôtre à l’endroit où Jésus lui dit de jeter ses filets, et de l’exhortation qu’il lui donna ensuite « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras ». François ne portait pas l’anneau papal mais l’anneau de son ordination épiscopale à Buenos Aires ↩︎
  36. Giovanni Battista Montini, né le 26 septembre 1897 à Concesio et mort le 6 août 1978 à Castel Gandolfo, est un prélat catholique italien, élu pape le 21 juin 1963 sous le nom de Paul VI. En qualité d’évêque de Rome et chef d’État du Vatican, il est le 262ᵉ pape de l’Église catholique, de 1963 à sa mort. ↩︎
  37. Pasquale Macchi, né le 9 novembre 1923 à Varèse et mort le 5 avril 2006 à Perego, est un archevêque catholique italien. ↩︎
  38. Il s’agit d’un cardinal qui gouverne l’Église entre la mort ou la renonciation d’un pape et l’élection de son successeur. Le camerlingue fait office de pape par intérim. ↩︎
  39. Kevin Farrell, né le 2 septembre 1947 à Dublin, est un prélat catholique irlandais, ayant obtenu en plus la nationalité américaine. Il est préfet du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie depuis août 2016, après avoir été successivement évêque auxiliaire de Washington et évêque de Dallas. ↩︎
  40. Discours simple prononcé au cours de la messe. ↩︎
  41. La séparation des Églises d’Orient et d’Occident, également appelée schisme d’Orient ou grand schisme d’Orient pour les uns, schisme d’Occident pour les autres, est l’éloignement progressif puis la rupture entre les quatre Églises d’Orient et celle d’Occident qui s’étaient, sous l’impulsion de l’empereur Justinien (527-565), constituées en « Pentarchie » dans l’Empire romain d’Orient et ses États successeurs. ↩︎
  42. Bartholomée Iᵉʳ, né Dimítrios Arkhontónis, surnommé le Patriarche vert, né le 29 février 1940 à Imbros, est depuis le 2 novembre 1991 primat de l’Église orthodoxe de Constantinople. ↩︎
  43. Claudio Hummes, né le 8 août 1934 à Montenegro au Brésil et mort le 4 juillet 2022 à São Paulo, est un cardinal brésilien de l’Église catholique romaine, franciscain et préfet émérite de la Congrégation pour le clergé à partir de 2010. ↩︎
  44. Un vaticaniste est un journaliste spécialisé dans la couverture de la vie de l’Église catholique, particulièrement les activités et l’enseignement des papes, les mouvements internes de l’administration du Saint-Siège et événements touchant la cité du Vatican. ↩︎
  45. Saint François Xavier (en espagnol Francisco Javier, en basque Frantzisko Xabierkoa), né Francisco de Jasso y Azpilicueta le 7 avril 1506 à Javier, près de Pamplune en Navarre, et mort le 3 décembre 1552 sur l’île de Shangchuan (ancien nom européen : Sancian), au large de Canton en Chine, est un missionnaire jésuite navarrais. Proche ami d’Ignace de Loyola, il est un des cofondateurs de la Compagnie de Jésus. ↩︎
  46. La Compagnie de Jésus est une congrégation catholique masculine dont les membres sont des prêtres réguliers appelés « Jésuites ». La Compagnie est fondée par saint Ignace de Loyola, saint François Xavier, saint Pierre Favre et les premiers compagnons en 1539. Elle est approuvée en 1540 par le pape Paul III. ↩︎
  47. Coiffure haute, de forme pyramidale, fendue par le milieu et garnie de deux fanons tombant sur la nuque, que portent le pape, les évêques et certains abbés à l’occasion de certaines cérémonies pontificales. ↩︎
  48. La Passion du Christ est l’ensemble des événements qui ont précédé et accompagné la mort de Jésus-Christ. Le récit et les annonces de la Passion se trouvent dans les Évangiles synoptiques et l’Évangile selon Jean, ainsi que dans divers textes apocryphes. ↩︎
  49. Père de Jésus Christ. L’Église catholique lui dédie le mois de mars, surtout le 19 mars, où il est célébré. Le 1er mai est consacré à saint Joseph, travailleur. ↩︎
  50. Bède, dit le Vénérable, est un moine et lettré anglo-saxon né vers 672/673 en Northumbrie et mort le 26 mai 735. Son œuvre la plus célèbre, l’Histoire ecclésiastique du peuple anglais, lui a valu le surnom de « Père de l’histoire anglaise ». ↩︎
  51. Matthieu, du grec Ματθαῖος, transcrit de l’hébreu Mattai ou Mattay, abréviation de Mattithyahû, ou Matthieu-Lévi, ou saint Matthieu, est un personnage juif lié à la Galilée qui apparaît pour la première fois dans les Évangiles synoptiques, où il est appelé soit Matthieu, soit Lévi. ↩︎
  52. Dignité de souverain pontife, règne (d’un pape). ↩︎
  53. La Curie romaine (en latin : Romana Curia) est l’ensemble des institutions administratives du Saint-Siège et l’organe central du gouvernement de l’Église catholique. ↩︎
  54. La pastorale familiale veille à remettre le Christ au sein de la vie conjugale et de la famille. Elle accompagne les personnes pour des problèmes affectifs, relationnels et familiaux. Le but : renforcer l’amour au sein des familles, qu’elles soient en situation de difficulté ou non. ↩︎
  55. Le cléricalisme est un positionnement idéologique qui prône la prédominance des idées religieuses et du clergé dans la vie publique et politique. Le positionnement opposé est l’anticléricalisme. Le cléricalisme trouve son aboutissement dans différents systèmes politiques : religion d’État, concordat ou théocratie. ↩︎
  56. Dans le christianisme, un synode est une assemblée délibérative d’ecclésiastiques mais aussi, dans certains cas, de laïcs. ↩︎
  57. Le palais pontifical de Castel Gandolfo est une résidence papale qui se situe dans le palais de villégiature d’été du XIIIᵉ siècle sur un domaine de 55 hectares, à Castel Gandolfo, aux monts Albains, à 20 km au sud-est de Rome en Italie. C’est dans ce palais que s’est retiré Benoit XVI après sa démission. ↩︎
  58. L’affaire des fuites au Vatican ou Vatileaks est un scandale touchant le Saint-Siège, qui a été porté au grand jour en mai 2012, à la suite de la diffusion de documents confidentiels révélant l’existence d’un large réseau de corruption, de népotisme et de favoritisme lié à des contrats signés à des prix gonflés avec des partenaires italiens ↩︎
  59. La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, nommée aussi Fraternité des apôtres de Jésus et Marie, est une société de prêtres traditionalistes voire intégristes, sans statut canonique au sein de l’Église catholique. Son but est « le sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte ». Elle a son siège à Menzingen. ↩︎
  60. Pastor Bonus est la constitution apostolique promulguée par le pape Jean-Paul II le 28 juin 1988 dans le but de réaménager le fonctionnement de la curie romaine. Elle est abrogée et remplacée par la constitution apostolique Praedicate evangelium le 5 juin 2022 . ↩︎
  61. Gérald Cyprien Lacroix, né le 27 juillet 1957 à Saint-Hilaire-de-Dorset au Québec, est un ecclésiastique canadien. Il est archevêque de Québec et primat du Canada depuis le 22 février 2011. ↩︎
  62. Sérgio da Rocha, né le 21 octobre 1959 à Dobrada, est un prélat brésilien, archevêque de la capitale fédérale Brasília de 2011 à 2020 et archevêque de Salvador de Bahia depuis 2020, créé cardinal au consistoire du 19 novembre 2016 par le pape François. ↩︎
  63. Jean-Claude Hollerich, né le 9 août 1958 à Differdange au Luxembourg, est un prélat jésuite luxembourgeois, ancien missionnaire au Japon. En juillet 2011, il est nommé archevêque de Luxembourg. Il est président de la Commission des épiscopats de la communauté européenne de mars 2018 à mars 2023. ↩︎
  64. Joan Josep Omella i Omella, né le 21 avril 1946 à Cretas, est un prélat catholique espagnol, archevêque de Barcelone depuis 2016 et cardinal de l’Église catholique depuis le 28 juin 2017. ↩︎
  65. Fernando Vérgez Alzaga, né le 1er mars 1945 à Salamanque, est un prélat catholique espagnol, président du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican de 2021 à 2025. Il est créé cardinal par le pape François le 27 août 2022. ↩︎
  66. Nommé en 2013 secrétaire d’État du Saint-Siège par le pape François nouvellement élu, il devient cardinal de l’église catholique et le plus proche collaborateur du pape François. ↩︎
  67. Oswald Gracias, né le 24 décembre 1944 à Mumbai en Inde, est un prêtre catholique indien de l’archidiocèse de Bombay, nommé successivement évêque auxiliaire de Bombay (1997), archevêque d’Agra (2000) et finalement archevêque de Bombay de 2006 à 2025. Il a été créé cardinal en 2007. ↩︎
  68. Fridolin Ambongo Besungu, o. f. m. Cap., né le 24 janvier 1960 à Boto, dans la province du Nord-Ubangi, est un prélat catholique congolais. Il est archevêque de Kinshasa depuis sa nomination le 1ᵉʳ novembre 2018 et cardinal depuis le consistoire du 5 octobre 2019. ↩︎
  69. Seán Patrick O’Malley, né le 29 juin 1944 à Lakewood dans l’Ohio, est un cardinal américain, capucin et archevêque de Boston de 2003 à 2024. ↩︎
  70. Les dicastères sont les organismes constitutifs de la Curie romaine qui permettent au pape d’exercer son « pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel » sur toute l’Église catholique romaine. Si l’on compare la Curie romaine à un gouvernement, alors les dicastères sont comparables à des ministères. ↩︎
  71. Gerhard Ludwig Müller, né le 31 décembre 1947 à Mayence, alors en RFA, est un archevêque et cardinal catholique allemand, qui fut préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 2 juillet 2012 au 1ᵉʳ juillet 2017. ↩︎
  72. Le cardinal espagnol Luis Francisco Ladaria Ferrer, préfet émérite du dicastère pour la Doctrine de la foi, fête ses 80 ans le 19 avril 2024, et ne sera donc plus électeur en cas de conclave. Très discret dans les médias, ce religieux jésuite qui a eu des positions conservatrices est à la retraite depuis juillet 2023. ↩︎
  73. Víctor Manuel Fernández, né le 18 juillet 1962 à Alcira Gigena, dans la province de Córdoba, est un cardinal et théologien catholique argentin. ↩︎
  74. Le deuxième concile œcuménique du Vatican, plus couramment appelé concile Vatican II, est le XXIᵉ concile œcuménique de l’Église catholique. Il est ouvert le 11 octobre 1962 par le pape Jean XXIII et se termine le 8 décembre 1965 sous le pontificat de Paul VI. ↩︎
  75. L’Institut pour les œuvres de religion (IOR), dit la « banque du Vatican », est la principale institution financière du Saint-Siège. ↩︎
  76. Raffaele Farina, né le 24 septembre 1933 à Buonalbergo, dans la province de Bénévent en Campanie, est un cardinal italien, bibliothécaire de la Bibliothèque apostolique vaticane et archiviste émérite des Archives secrètes du Vatican depuis 2012. ↩︎
  77. Fidelis dispensator et prudens est un motu proprio donné par le pape François le 24 février 2014 créant de nouvelles institutions financières et économiques ↩︎
  78. Pietro Parolin, né le 17 janvier 1955 à Schiavon dans la province de Vicence en Vénétie, est un prélat catholique italien. Prêtre en 1980, il intègre les services diplomatiques du Saint-Siège en 1986. ↩︎
  79. Tarcisio Bertone, né le 2 décembre 1934 à Romano Canavese dans la province de Turin, au Piémont, est un prêtre religieux salésien. Archevêque de Verceil en 1991, puis de Gênes en 2003, il est créé cardinal la même année. Du 15 septembre 2006 au 15 octobre 2013, il est cardinal secrétaire d’État du Saint-Siège. ↩︎
  80. Les saints martyrs d’Otrante ou saints martyrs otrantins (appelés Antonio Primaldo et ses compagnons lors de la canonisation) sont environ 800 habitants (le chiffre de 813 est souvent évoqué mais les textes du Saint-Siège sur la canonisation donnent « environ 800 ») de cette ville du Salento tués le 14 août 1480 par les Turcs conduits par Gedik Ahmed Pacha pour avoir refusé de se convertir à l’islam après la chute de leur ville. Leur canonisation a eu lieu le 12 mai 2013 place Saint-Pierre. Elle a été prononcée par le pape François. ↩︎
  81. Angelo Giuseppe Roncalli, né le 25 novembre 1881 à Sotto il Monte, près de Bergame en Italie, et mort le 3 juin 1963 au Vatican, est un prélat catholique italien, élu pape le 28 octobre 1958 sous le nom de Jean XXIII. ↩︎
  82. Vincenzo Gioacchino Pecci, né le 2 mars 1810 à Carpineto Romano et mort le 20 juillet 1903 à Rome, est le 256ᵉ évêque de Rome et donc « successeur de Pierre » et pape de l’Église catholique, qu’il gouverne sous le nom de Léon XIII de 1878 à 1903. ↩︎
  83. La béatification est la déclaration, par décret pontifical, qu’une personne défunte de foi chrétienne a pratiqué au cours de sa vie les vertus naturelles et chrétiennes de façon exemplaire, ou même héroïque. De plus, la reconnaissance d’un miracle obtenu par son intercession suppose que la personne est au paradis. ↩︎
  84. La canonisation est une déclaration officielle et définitive de la part de l’Église catholique ou des Églises orthodoxes, reconnaissant une personne comme sainte. ↩︎
  85. L’autoréférence apparaît dans les langages naturels ou formels, quand une phrase, une idée ou une formule fait référence à elle-même. Cette référence peut s’exprimer directement, grâce à une formule ou une phrase intermédiaire, ou par encodage sémantique. ↩︎
  86. Joseph Malègue est un écrivain français, né à La Tour-d’Auvergne le 8 décembre 1876 et mort à Nantes le 30 décembre 1940. Aîné de cinq enfants, renfermé et solitaire, il a une enfance heureuse marquée par la foi et l’amour de sa mère. D’abord médiocre, il termine brillamment ses humanités. ↩︎
  87. Année de la Foi (2012-2013) Dans le Motu Proprio « Porta Fidei », le pape Benoît XVI a annoncé une « Année de la Foi ». Elle a débuté le 11 octobre 2012, pour le cinquantième anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II, et s’est terminée en la solennité du Christ Roi, le 24 novembre 2013. ↩︎
  88. Les reliques de St Pierre sont au nombre de quatre : Sainte Véronique se trouve sous la chapelle du voile de Véronique. Sainte Hélène se trouve sous la chapelle de la Vraie Croix, qu’elle rapporta de Jérusalem. Saint Longin se trouve sous la chapelle de la lance qui transperça le côté de Jésus lors de la crucifixion. L’apôtre saint André se trouve sous la chapelle de son crâne. ↩︎
  89. Lampedusa est l’une des îles des Pélages. Elle se trouve au sud de l’Italie, dans la mer Méditerranée. L’île est connue pour ses plages, notamment celle de Spiaggia dei Conigli, avec ses eaux peu profondes et sa faune marine colorée. ↩︎
  90. Le Missel romain est le livre liturgique qui rassemble les textes et les indications rituelles et musicales, nécessaires à la célébration de la messe par le prêtre selon le rite romain. ↩︎
  91. Une encyclique est une lettre adressée par un ou des évêques à tous les évêques d’une région ou du monde, à l’ensemble des fidèles, ou au monde entier. L’Église orthodoxe, l’Église catholique et l’Église d’Angleterre font usage des encycliques. ↩︎
  92. Le Jubilé de la Miséricorde est un jubilé de l’Église catholique voulu par le pape François. Il est célébré lors de l’année sainte extraordinaire de 2015-2016, pour célébrer le cinquantenaire de la clôture du concile Vatican II et en approfondir la mise en œuvre. ↩︎
  93. Le rite tridentin est, dans la liturgie catholique, la liturgie telle que codifiée à la suite du concile de Trente et employée de manière canonique par la plus grande partie de l’Église latine jusqu’à la réforme liturgique opérée par Paul VI à la fin des années 1960 dans le contexte du concile Vatican II, initié par Jean XXIII. En 2021, le pape François limite drastiquement l’usage du rite tridentin qu’avait permis son prédécesseur Benoit XVI. ↩︎
  94. La fête. ↩︎
  95. Le traité instituant la Communauté économique européenne, aussi appelé traité de Rome, ou encore traité sur le fonctionnement de l’Union européenne est un traité signé le 25 mars 1957 à Rome entre six pays : Allemagne de l’Ouest, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas. ↩︎
  96. Les pensionnats autochtones, pensionnats indiens, ou écoles résidentielles, étaient une forme d’enseignement public en internat destiné aux autochtones au Canada. Il s’agissait d’institutions destinées à scolariser, évangéliser et assimiler les enfants autochtones. Au cours du XXe siècle, le Département des Affaires Indiennes encouragea le développement des internats pour autochtones afin de favoriser leur assimilation. Cette pratique, qui séparait les enfants de leur famille, a été décrite comme le fait de « tuer l’indien dans l’enfant ». Bien plus que des écoles, ces pensionnats étaient des « centres d’endoctrinement culturel » selon Murray Sinclair, président de la Comission vérité et réconciliation. ↩︎
  97. James David Vance, dit JD Vance, né le 2 août 1984 à Middletown, est un avocat, capital-risqueur, écrivain et homme d’État américain. Membre du Parti républicain, il est le 50ᵉ vice-président des États-Unis, en fonction depuis le 20 janvier 2025. ↩︎

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